Ba vie est dulle

Aujourd’hui est un de ces jours renfermant la tonne d’espoirs refoulés et de magnificence subtile, un jour de liberté et de transgression légale, un jour à pondre des oxymores sans le moindre sens.

Car aujourd’hui, Internautre, je suis malade. Pour de vrai. Genre à être à deux doigts de pied de m’inscrire au sein de l’actionnariat Kleenex.

Quand on est petits, on est contents d’être malades parce qu’on veut pas aller à l’école et que comme ça on reste dans sa chambre à jouer gentiment pendant que Maman Chérie amène un bon chocolat chaud au miel ou des petites boules d’homéopathie sucrées qu’il faut rouler sous la langue mais on y arrive jamais parce que c’est trop bon à suçoter comme un bonbon, et des cuillères de sirop à la fraise. Sauf quand t’as la gastro, là même quand t’es petit t’as les reins parce que tu gerbes ton chocolat chaud au miel et toutes tes boules de sucre et que t’as même pas droit au sirop à la fraise mais juste à un vieux Smecta pâteux impossible à différencier d’une pinte de gadoue raclée sous un sabot de gnou.

Quand tu grandis, déjà que t’as bien les nerfs d’être passé de 5 mois à 5 semaines de vacances, donc quand t’es malade c’est un peu la revanche sur la vie tu vois. Genre AHA tu as cru que tu pouvais m’asservir sans que je bronche, POURRITURE DE COMMUNISTE DE BOULOT DE MERDE, mais ça va pas se passer comme ça, aujourd’hui je suis malade et comme je te dois RIEN je vais me faire un plaisir de pas faire de zèle et de pas revenir plus tôt que prévu ! YEAAAAAAH.

La liste des choses que tu pourrais faire d’une journée de semaine sans boulot s’allonge devant tes yeux émerveillés, bien qu’un peu floutée par la fièvre mais bon soyons pas tatillons.

Et si tu en profitais pour t’acheter une ptite baguette à la boulangerie tranquille, hein ? Pour une fois que t’as le temps de déguster autre chose qu’une cuillère de Chocapic que tu enfournes à toute blinde avant de déposer ton bol dégueu dans l’évier et de finir ta bouchée en courant vers le moyen de transport de boulot, la brosse à dents et le dentifrice dans la poche pour faire l’hygiène buccale dans les toilettes du boulot, sans comprendre comment t’as fait pour une fois de plus pour pas réussir à caser 3 putains de minutes sur les 45 que tu t’es octroyées depuis le réveil.

Et si tu allais faire les soldes dans des magasins vides ? Au lieu de le faire de 19h à 19h30 en filant en sioux du taf, ou en plein samedi après-midi quand la France entière a décidé de te précéder dans toutes tes destinations à but consommatoires.

Et si tu en profitais pour mettre de l’ordre chez toi genre tranquille à préparer ta ptite enveloppe pour la Sécu et tout ? Parce que d’habitude tu attends la relance de 10% pour payer tes impôts, mais cette fois tu vas faire les choses bien ah ça oui, cette invasion bactérienne va servir de tremplin à un nouvel espoir, une nouvelle vie bien organisée qui sent bon la lavande, c’est décidé !

Moi même malade, je suis sexy, le brushing lustré et la french manucure posée <3

La vérité se résume en 3 étapes :

1)   Pour manquer le boulot et éventuellement disposer de médicaments, il est plus ou moins complètement nécessaire d’aller chez le médecin.  Ce qui revient généralement à se trainer hors de son lit, puis dans son jean, si possible sans oublier les sous vêtements bien couvrants des fois qu’un dénudage soit nécessaire, de se trainer dans la salle d’attente, de se glander 2h en attendant que les 4 tuberculeux arrivés avant toi soient passés, puis se trainer la carte vitale en avant jusqu’au merveilleux praticien dealer de médicaments.

Résultat : une matinée de perdue.

2)   Quand t’es malade, t’as tendance à l’oublier, mais en fait t’es PAS BIEN. Du tout. Donc le shopping t’oublies, la baguette t’oublies, et en règle générale toute activité qui requiert de garder les yeux ouverts et les pieds en dessous du niveau de tes fesses, t’oublies.

3)   Tu passes tes deux jours d’arrêt à moisir dans ton pyjama en pilou au milieu d’un amoncellement de mouchoirs humides des litres de morves produits durant la dernière demie heure, à manger des Chocapic tous secs parce que t’as fini le lait et que le Shopi c’est trop loin du creux que tes fesses ont creusé dans ton matelas.

Bon c’est pas tout ça mais là c’est l’heure de ma pseudo sieste pendant laquelle je vais m’appliquer à dormir tout en sachant que, sans l’usage habituel de mes sinus, mon appareil respiratoire va produire d’une part des ronflements qui m’auto-réveilleront, et d’autre part de la bave parce qu’avoir le nez bouché = respirer la bouche ouverte = se baver sur l’oreille.

Ah oui et aussi : la journée, ce que tu sais pas avant d’y être, c’est que ça n’est PAS calme. Le voisin fait des travaux, la coloc met du Natasha StPier à fond (au secouuuuurs), l’école en face sonne toutes les 50 minutes, bref le monde te hait.

Sans parler du léger détail insignifiant que mon agenda vient de me rappeler : demain j’ai un entretien. Sachant que je n’ai plus aujourd’hui que 3 consonnes à ma disposition, j’ai nommé le S, le B et le D, qui peut me dire à combien risque de s’évaluer ma crédibilité, hm ?

Oui, tout à fait : zéro.

Butain de bordel de berde.

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Publié le 13 février 2012, dans Delirium très mince, et tagué . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. bien daggors ! j’ai aussi,effectivement,tendance a oublier que quand t’es malade, »t’es pas bien » !

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