De la Salsa à la corde à sauter, il n’y a qu’un pas (ou deux, max)

Il existe des gens qui se meuvent avec la grâce de la bulle de savon doucement portée au-dessus d’une verte et bucolique prairie par la brise d’été au crépuscule. Ces gens là éclatent d’un rire cristallin lorsqu’un bon mot leur chatouille les sinus. Ces gens là ont une façon de bouger les mains qui évoque la princesse Disney au moment de la chanson du début, quand elle explique qu’elle aime les oiseauuux et que les fleurs c’est beauuu et qu’elles attendent le prince charmant qu’il vienne les fécondeeeer tout ça tout ça. Ces gens là ne connaissent pas l’embarras de la blague pourrie spontanément exhumée des tréfonds de ton encéphale par la magie du n’importe quoi et génératrices de facepalms monumentaux. Ces gens là ne trébuchent pas sur des bittes (ni sur des bites non plus je présume) ni ne s’y cognent l’os du pubis (pas sur des BITES, sur des BITTES j’ai dit) (mais non bien sûr que ça ne m’est jamais arrivée enfin) (hem) avant de se rendre compte en se brossant les dents qu’en fait le lavabo arrivait pile poil à cet endroit de l’anatomie. Ces gens là apprennent des pas de danse facilement et sans écraser aucun doigt de pied, et sans même avoir besoin de compter.

Et puis il y a moi. Quand je rigole, la conformation des organes internes des poulpes de l’Océan Indien se modifie et la plaque tectonique se fissure. Quand je bouge les bras, on dirait un mélange entre un A380 et Bugs Bunny : ça pourrait voler mais en fait ça dégomme juste le chaland alentour. Souvent je m’écoute parler sans savoir ce que mon cervelet a pu concocter encore comme billevesées (et souvent t’es pas déçu). Une fois je me suis projeté la tête contre mon bureau au premier rang en plein cours de russe dans le but initial de remettre mes cheveux en place sans faire usage des mains. Et j’ai eu mal.

Et ce week-end je suis allée à Toulouse chez ma cousine, qui fait de la SALSA.

Alors quand je dis de la salsa, je parle évidemment de la danse, parce que si ç’avait juste été une histoire de sauce tomate et de tortillas, crois moi que ça aurait été plié en 42 secondes sans la moindre bavure. Mais NON. La cousine DANSE. Pire : elle danse bien.

Légère différence de culture

Du coup je l’ai suivie elle et sa suite d’amis-qui-dansent dans une boîte latino, pleine d’espoir et d’optimisme à l’idée de m’essayer au déhanché de J’Lo en me disant par devers moi-même que des fois qu’il y ait un stroboscope ou que ce soit une soirée spéciale déficients de la paupière ça passerait bien pour un pas de danse. Ou au pire du racolage passif mais en intérieur de boîte j’ai cru comprendre que c’est toléré (ou alors c’est que ma copine Kékette est grave hors la loi) (déjà qu’elle vient de Picardie c’est double malus). Bref du coup je m’introduis en territoire salsifique, la lèvre carmin, le cheveu rebondi et le talon surélevé, histoire de pas direct passer pour une grosse noob de visu. Pour commencer je me dis qu’un peu d’alcool ça aide toujours la détente corporelle à but de mouvance  rythmique, du coup je fais un arrêt au bar pour prendre la tournée de Rhum Passion, parce que ça me semblait plus dans le thème que la Vodka Malabar.

Et puis la musique commence. Là Jean-Eudes, qui contrairement à son prénom, a une tronche de chinois, me tend la main dans une volonté manifeste de m’inviter à partager la ritournelle de conserve. A moins qu’il n’ait voulu toper là mais bon vu qu’on s’était pas adressé la parole en amont ça me semblait de faible probabilité, cela étant à chinois chinois et demi et qui sait ce qu’il se trame derrière une paire de rétines bridées. Enfin me voilà donc en position verticale à mentionner à Jean-Eudes que bon je sais pas danser un seul pas de salsa et que mes pieds n’ont jamais tenté la coordination et que bon courage. Pas démonté, il a alors entamé la leçon.

Allez, derrière, petit pas petit pas, 123, 567, 123, 567, 123… Bon alors déjà il semble que la danse latine requiert de ne pas dire tous les chiffres dans l’ordre. J’attendais patiemment que débarquent le 4 et le 8 pendant que mes talons tentaient le rapprochement avec les tibias alentour, en vain. Recule, piétine, avance, recule, piétine, recule, piétine, bon sang c’est pas compliqué quand même !!§ Et pendant que mon cerveau essayait patiemment d’expliquer à mes fémurs que NON il est inutile de se balancer de 45 degrés vers l’arrière, le pauvre Jean-Eudes riait un peu jaune (hahahaha) (nan je dis ça parce qu’il est chinois tu sais) (putain un peu d’humour quoi) parce que quand même on peut le dire : c’était très mauvais.

Découragée dans mon élan enthousiaste premier, je décidais finalement d’emprunter le chemin du bar dans l’espoir que mon échec tenait peut être du fait que mes chevilles étaient encore trop sobres malgré le Rhum Passion de tantôt.

3 Vodkas Ananas plus tard (ou plutôt 3 jus d’ananas aromatisés à la vodka) et après que le barman m’ait sorti la scène du 2 à base de « Aaaaah quéls beauzyeuuux Caramba tiens jé té fais un cadeau » avant de me tendre un bâton fluorescent qui se boit pas (ya pas à dire, en hispanie ils savent parler aux porteuses d’utérus…), je revenais en conquérante vers la piste.

30 minutes après, impossible de  réussir à faire mon pas tout neuf, même en solo. En conséquence de quoi je décidais qu’on m’avait suffisamment vue picoler dans la soirée pour justifier ce qui allait suivre.

Oui, j’ai dansé la macarena. Oui. Et aussi la danse de la corde à sauter.

Mais siii tu saiiiis cette choré nase que tout le monde connait !! Ma copine Mélusine est une grande spécialiste.

Mon suicide social était total. Mais je pense que l’entièreté de l’audience de boîte fut soulagée que je décide d’épargner leurs membres inférieurs.

Et puis bon, j’avais quand même gagné un bâton fluorescent. L’honneur était sauf.

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Publié le 27 février 2012, dans Delirium très mince, et tagué . Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. Corde à suaté-é-é… position 1/2…
    ouais ok je sors, c’est la seule choré que je maitrise à fond en soirée. on a connu plus classe je te le confirme ! (quant à la salsa je refus d’essayer ! le peu d’estime de moi qu’il me reste sert de bouclier à toute tentative foireuse)

    ah et sinon c’est grave si j’ai explosé de rire sur le chinois qui rit jaune ?

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