Au bout du gouffre

Il y a des jours où tu respires le bonheur. Tu sais, un de ces jours où tu sens une tiède brise sur ton visage, où le soleil darde ses chauds rayons sur ta chevelure soyeuse, où chaque seconde te semble être un moment de félicité infiniment doux.

Dans ces moments-là, tu savoures la traversée du pont qui mène à ton chez-toi, tu sautilles allègrement sans te soucier du regard en biais des pélos alentour qui n’ont pas la moindre idée que tes rétines ont viré au rose bonbon, se demandant s’il serait plus sûr de te balancer dans la Seine avant que ta démence ne devienne dangereuse. Mais tu ne le remarques même pas, car ton esprit est submergé d’amour envers ton prochain, le suivant et celui encore après (=> blague nase), et en levant la tête vers le ciel dans lequel moutonnent quelques mignons petits nuages en forme de licornes, ton œil s’humidifie et il te prend soudain l’envie de tournoyer sur toi-même en fermant les yeux, un sourire béat sur les lèvres.

Ahhh quelle belle tranche de vie

Tu connais toi aussi ce genre de moment ?

Et bien moi en ce moment c’est pareil, mais exactement l’inverse.

Il y a des jours comme aujourd’hui où tu respires la déprime. Tu sais, un de ces jours où tu sens les gaz d’échappement dégueulasses te baver sur la face, où le ciel gris se confond complètement avec le revêtement du périph’, au point que tu t’attendrais quasi à aviser le véhicule motorisé en déplacement sur le cumulonimbus, des jours où tes cheveux sont moches parce qu’il fait humide et que ton brushing est ruiné et où chaque seconde est d’un ennui sans fond.

Dans ces moment-là, tu traverses le pont pour aller au boulot avec la rage du désespoir, à la fois rapidement pour ne plus avoir le vent pourri inhérent à tout pont qui emmêle tes cheveux moches, et en même temps avec la conscience que chaque pas rapide fait obstruction à ta volonté d’arriver le plus tard possible dans l’antre de l’enfer. Alentour, les pélos ont la même tête que toi, et quand tu avises une connasse avec le sourire aux lèvres, la seule envie qui te vient c’est de la balancer dans la Seine avant que son petit sourire de démente ne te provoque une phlébite de frustration. Mais elle ne te remarque même pas, la pétasse, tellement elle est occupée à mater le ciel moche avec ses cheveux qui frisottent pas.

Tu vas me dire que je suis négative, mais nenni Internautre, nenni. Tu te leurres à mon sujet. Je ne suis ni plus ni pas plus que la boule d’amour en collants, et cependant les autochtones de boulot n’ont de cesse de me pomper le cul en boucle (métaphoriquement parlant, espèce de petit voyou). Et même quand tu fais un effort, te présentant avec la rotule avenante et la patience en bandoulière, tu peux être sûr que Chef Bouche Molle va trouver un moyen d’être à la fois méprisant, mou et autoritaire, que Chef Gentil va faire son compréhensif derrière des fois que tu veuilles te confier sur Chef Bouche Molle, mais qui ne fera rien derrière et donc finalement autant parler à ta boîte de trombones, avant que Chef Mégalo hurle dans le couloir que bordel il en a rien à branler que le réseau soit en panne et qu’il lui faut ce putain de merde de document de ses couilles pour ce soir. Et là quand tu crois que tu es au fond du rouleau, Chef Cool décide de t’appeler « Choupinette », ce qui te relègue du niveau « Junior » à la perception « stagiaire de 3ème B destinée à une belle carrière dans le porno lesbien ».

Bienbienbien.

Je pense que c’est pile poil le moment de sortir des GIFs de TGIF pour se remonter le moral.

Ah ça va un peu mieux là !

Et puis pour la marrade, un petit mème de Jeansleepingonpeople 8)

Source : Poppacap Tumblr

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Publié le 2 mars 2012, dans Delirium très mince, et tagué . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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