Un milk-shake de chlore ça te tente pas alors ?

Comme une tripotée de Gens, je souffre de problèmes de dos.

Hahaha, dit comme ça à la manière « voix-off d’M6 », ça fait méga larmoyant.

« En fait au début, j’avais juste une gêne sur les lombaires du bas du dos… Et puis petit à petit, au fur de la mesure, j’ai senti mes vertèbres se liquéfier une par une, jusqu’à ce que maintenant je suis plus capable de clipser mes grenouillères en simili lamé panthère. Je sais que j’aurais jamais du faire ce championnat de limbo mais j’y peux rien, yen a c’est Claude François ou les brouettes, moi c’est ça ma passion et rien ni personne pourra l’enlever, ça c’est plus clair que Chazal»

(Pause pour se remettre du fou rire suite à la blague de merde ci-dessus)

Le limbo, une façon de se dévoiler plus que de coutume.

Sur ma personne propre, ce léger souci de conformation physique se traduit par une forme relativement non rectiligne de ma colonne, de sorte que mes vertèbres semblent en fait se livrer à une superbe imitation dela  vague. Voire du tsunami, vu l’ampleur du dégât. Cette particularité me poursuivant depuis ma pré-puberté, quand j’avais l’âge d’Harry Potter et que je me lamentais de ne pas avoir reçu ma lettre de Poudlard (alors que bon je ne suis même pas anglaise donc la probabilité était quand même limitée) (mais je serais allée à Beauregard avec Clémence Poésy quand même ça pète vaguement la classe), du coup depuis le temps je me suis habituée.

Et puis ya quand même des avantages. Par exemple, en cas de déménagement j’ai une excuse béton pour porter que les cartons d’oreillers et les réserves de cotons-tiges. Et puis je peux réclamer plein de massages.

Enfin trêve de positivisme à 3 yens, dans l’ensemble c’est quand même bien la chienlit. Interdiction de croiser les jambes (paie ton look de bonhomme), impossibilité de faire le pont (mais siiii  tu sais la figure de gym que t’apprends au collège, tu t’allonges et là tu plies les jambes et tu poses les mains de chaque côté de ta tête et là HOP tu pousses) (et ça fait un pont) (ou dans mon cas, une brisure de coude sur fond de braiements de douleur). Le port des talons ne m’est pas non plus conseillé de façon prolongée, mais ça j’avoue ça me file pas le trauma plus que ça vu que de toute façon mes pieds en forme de péniche sont moyen confos dans les pompes de Barbie.

Hihihi ça chatouille les fesses quand je fais une queue de cheval

Mais le pire… Le pire, Internautre, ça n’est pas ça. Non, le pompon sur le Paris-Brest, c’est la PISCINE. Car il est universellement admis au sein du monde de la médicalité que le barbotage hydraulique à but avançatoire est fortement recommandé en cas de tsunami vertébral. Moi dans ma grande naïveté et devant tant de conviction, je m’étais laissée convaincre, et malgré ma haine totale de la mouillure (non, je ne parle pas de cette mouillure là, range ton slip), je me rendais donc une fois par semaine en bassin public pendant moult mois.

Voici un petit rapport circonstancié des expériences qui ont alors illuminé ma modeste existence :

1)      Mme Tête Dure est une femme très occupée. Entre midi et deux, au lieu de se faire un bon bain chaud et parfumé pour se détendre, elle opte pour la piscine arômes chlorés afin de lutter contre ses cuisses au volume galopant. Comme tous les mardis elle se glisse doucement dans l’eau fraiche, sautille légèrement pour se réchauffer et s’élance finalement dans un gracieux dos crawlé. Les vapeurs chlorées lui chatouillent les narines, le lent mouvement de ses jambes battant dans l’eau la berce et elle finit par laisser ses paupières se fermer avec un sourire de félici.. TOMP.
« OUCH »

Oui Mme Tête Dure et moi avons fait connaissance de façon assez improbable à la piscine. Il faut dire que nous avions plusieurs choses en commun : le couloir de nage et la technique. Le dos crawlé.

2)      Les 3 petits crawlchons se déplacent toujours par 3 à la queu-leu-leu, en meute. Les 3 petits crawlchons aiment le crawl. Mais pas le crawl propre et bien exécuté, qui donne l’impression que l’eau te fait avancer tout seul et que Neptune lui-même t’habite. Non, ce qu’aiment les 3 petits crawlchons, comme leur nom l’indique, c’est crawler comme des… Truies. Et tandis qu’ils tentaient à grand renfort de puissants mouvements de palmes/ omoplates/ mollets de déplacer la moitié de l’eau de la piscine vers l’extérieur, qui était là, sur le dos avec les yeux et la bouche ouverts en vue de respiration ? Je sens que tu as deviné ! Ah, quelle douce façon de se faire un lavement buccal.

3)      Mme Grosse Baleine nage la brasse trèèèèès lentement en bougeant consciencieusement ses jambes telle la grenouille en championnat d’aérobic spécial gras mou. Si bien qu’en la rattrapant, en dos crawlé comme d’us, je me retrouvais littéralement fesse à face. Prise au piège entre ses jambons.
Encore un grand moment de sport !

4)      En post-nage, la douche avec mini récipients de savon sans enlevage de maillot est déjà une épreuve relativement ardue, surtout quand lesdites douches sont mixtes. Mais on atteint le top moumoute du sommet du n’importe quoi lorsqu’il s’agit de se sécher les cheveux à la soufflerie accrochée au mur. Surtout si seul l’une d’entre elles est fonctionnelle. La plus bas placée évidemment, ce qui t’oblige à ressembler à la version semi-sèche et semi-debout de la grenouille de bassin évoquée en 3).

Le chaland comprendra donc que j’ai abandonné ce sport, car après la rencontre d’un crâne en acier, de vagues de chlore, de fesses moulées dans du polyester noir et de vent chaud plein de poussière dégueulasse annonciateur de torticolis, mon chef ressentait un léger besoin de solitude et d’apaisement.

C’est pourquoi il est inutile de me demander aujourd’hui encore si je vais toujours en piscine : la réponse est NON.

Plutôt me faire un milk-shake au mazout.

Publicités

Publié le 28 mars 2012, dans Delirium très mince, et tagué . Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. attends… mais tu oublies aussi Super Champion qui refuse de s’arrêter, jamais, plutôt mourir, et qui donc préfère te balancer un grand coup dans la gueule plutôt que d’attendre 2 secondes que le bout du bassin soit dégagé !
    Y’a pas à dire la piscine c’est toujours un grand moment !

    (mais moi j’aime bien… sauf l’obligation sociale d’y aller épilée, ça me saoule !)

    • Aaaah, Super Champion !! Tout à fait, je n’ai pas parlé de Super Champion, mais il n’avait pas vraiment donné lieu à une anecdote particulière. En revanche, je réalise que j’ai comme qui dirait zappé de parler du Maître Nageur Égocentrique, qui, me croisant à 2 mètres du bassin environ, me demanda tout en faisant des tractions sur son élastique à poignées, « si j’étais perdue ».

      …Perdue ?? A deux pas chassés du bassin ??

      -_-

  2. j y vais plus depuis des plombes à la piscine! A cause d’angines à répétitions! eau trop froide et les émanations de chlore me foutaient la gorge en l’air!! je ne suis pas très sportif à part mon instrument de musique( la batterie dans un groupe de métal progressif expérimental instrumental) après une répéte j ai l’impression d’avoir fait trois h de sport

    • Du métal progressif expérimental instrumental… Effectivement ça a l’air sportif^^
      C’est à cause de groupes comme le tiens que la FNAC arrive pas à ranger ses CDs par catégories !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :