Archives Mensuelles: septembre 2012

Les thons sont les plus citoyens

L’autre jour, je regardais la télé comme toute citoyenne de classe moyenne qui se respecte, l’œil luisant du néant que l’écran HD 3 000 pouces faisait s’y refléter, lorsqu’une faille soudaine dans le continuum consumériste de l’espace pub se rompit soudain. Une pub en particulier sortit ma prunelle de sa torpeur : une pub pour un Tippex à dentition.

Oui tu as bien lu : chez Email Diamant, ils vendent une cochonnerie de gel blanchissant à étaler au bitonio en plastique. Je te livre le mode d’emploi :

1)    Sécher ses dents (geste naturel que tu fais d’habitude 3 fois par… Jamais).

2)    Appliquer le bousin dent par dent comme pour du vernis, sauf que là tu peux tout faire avec ta main droite c’est pratique.

3)    Conserver ton sourire de dément qui permet de laisser tes dents découvertes jusqu’à ce que tu ais l’impression que c’est sec

 

Le Joker attend toujours.

Ici c’est pas un blog beauté avec des vidéos tuto qui montrent une nana qui tend son dernier blush MAC vers la caméra devant la paume de son autre main pour qu’on voie bien que c’est la teinte n°56B bis. Donc je vais pas te dire si tu dois l’acheter ou pas. Enfin globalement je serais toi je le ferais pas, mais bon hein voilà après si t’as trop de sous te gène pas.

Non ce que je veux dire c’est que MERDE on a déjà du bordel pour se colorier les lèvres, les cheveux, les paupières, les joues, les ongles, la moustache, les sourcils, STOOOP est ce que ce serait possible de garder une partie du corps telle qu’au lever sans puer la honte de la laideur ?? Ya moyen de se maquiller pour mettre en valeur ce qui est beau et pas pour planquer ce qu’on nous annonce pas conforme ? Bordayl. A ce rythme là dans 5 ans on se fera toutes un lifting de la rotule et on se peindra les bouts de seins en corail.

Déjà que je suis à la bourre tous les matins mais à la fin faudra me lever à 2h du mat’ pour tout ravaler. Et le pire c’est que plus on te mets des trucs à dispo pour te sosifier en image Photoshop, plus t’auras la pression de les utiliser pour pas être le seul thon de la planète, la seule meuf dont on verrait encore le pore.

Oh noooon pourvu que personne ne remarque mes os de cheville proéminents et l’asymétrie de mes lobes d’oreilles. Je suis une bouse de truie.

Pour t’expliquer le truc faut quand même d’abord que je te cause de mon rapport avec l‘industrie de la beautitude. J’avais à peine la douzaine quand j’ai découvert le crayon noir.  Avec ça je me trouvais des airs de Néfertiti croisée avec Catwoman, alors que j’approchais plus certainement du sosie des mecs de Tokyo Hotel. Et que je te ferais dire qu’à l’époque ils existaient même pas. Enfin si je veux dire ils existaient probablement mais le monde n’en avait pas encore connaissance tu vois. La belle époque.

Depuis un peu plus de 10 ans j’ai ajouté le mascara, le rouge à lèvres et finalement le blush à mon arsenal de ravalement facial. Et je peux te dire que je me restreins, parce que je SAIS que chaque bordel que je m’ajoute sur le trognon fait paraître ma face naturelle moins ragoûtante. Histoire de contraste tu vois, c’est comme quand tu vois Eva Longoria sans maquillage dans Public, t’as envie de dire « HAN le THON CROISE MORUE :O » alors qu’en vérité vraie si personne t’avais bourré le mou avec sa fausse tronche laquée au fond de teint et au Photoshop, ben tu la trouverais jolie au naturel.

C’est aussi pour ça qu’aujourd’hui dimanche, et profitant que M. Akov est en virée familiale sudiste, je me suis préparé un petit programme de journée loque avec option cheveux sales, pyjama avec grosses chaussettes par dessus et sweat à capuche. Le perfect. Demain en post mascara je me trouverai top canon après m’être mirée toute la journée dans cette tenue dégueulasse.

Le but c’est que je me dégoûte pas de ma vraie trogne en me la peignant chaque jour que Jésus fait, sinon je pourrai plus jamais aller au supermarché au saut du lit pour cause de jetage potentiel de tomates de la part de l’autochtone sur la nouvelle mocheté du quartier. Alors que là du coup les gens se sont habitués, et ils pourront manger leurs fruits et légumes comme prévu.

 Une vraie action citoyenne.

 

 

 

Si Jésus valide c’est possible un séminaire en Plagie ?

Gottferdom, je crois que s’il y avait moyen de rafler un trophée d’épuisement décerné par le roi d’EpuiseLand, je serai en bonne position pour m’en orner l’étagère. Pour te dire, je suis en ce moment en séminaire de boulot en pays étranger, j’ai nommé les Alpes Pentues avec des Chalets Accrochés Dessus. Depuis deux jours. Si comme moi tu as bien appris tes jours de la semaine en CP, tu sais qu’aujourd’hui nous sommes mardi, et qu’avant-hier nous étions donc par voie de conséquence dimanche. Dimanche. DI-MAN-CHE.

Non toi ça te choque pas ?

Ah ben quand même.

Je te signale que MÊME LE SEIGNEUR arrête de bosser le dimanche. Et vu que le samedi il fait shabbat parce que le Seigneur il bouffe un peu à tous les râteliers et nous aime tous comme ses propres tétons, eh ben lui il a tous les week-ends de libre pour se farcir du Bouddhiste.

Jésus il est trop cool de la boule, il méga-valide le Bouddhisme.

Du coup je nous pose la question : QUI SOMMES-NOUS, employés, travailleurs, cadres dynamiques, gros patrons chauves, pour décider envers et contre le Seigneur que le dimanche serait travaillé ?

Hm ?

En plus je préfère méga la plage, avec le soleil, la petite mousse de bord de vague et les chouchousbeignetspompompommechocolat.

Eh ben crois-le ou non, tout le monde s’en bat religieusement la nouille  sur le rythme du Connemara. Dimanche je me suis donc retrouvée par voie de réveil aux aurores avec supplément taxi les fesses dans un TGV en partance pour la Montagnie. A 10h30 du dimanche matin.  Alors que d’habitude, le dimanche matin est un espace temps théorique donc l’évanescence ne s’estompe qu’aux alentours de midi du matin, on est d’accords.

Et puis une fois à destination, mes fesses se sont downloadées avec le reste en siège de bus pour y passer encore le demi lustre. Alors oui, le paysage c’est joli, les chalets d’Hansel et Gretel tranchant sur le vert profond de la forêt de pins sous les doux rayons dorés du soleil de l’après-midi, OUI d’accord on aurait dit un reportage sur l’habitat des oursons de guimauve, mais attend de savoir la destination : le Club Med.

Les Gentils Organisateurs de la Plagie, c’est un peu les mêmes qu’en Montagnie.

A tous ceux d’entre toi qui ne sont jamais allés en Club Med mais qui ont vu les Bronzés, je réponds OUI. OUI, c’est exactement ça. Bon alors comme c’était la Montagnie on a pas eu droit aux colliers de fleurs, et puis les sautoirs en cailloux ils ont du se dire que c’était un peu violent du coup ils se sont contentés d’accueillir notre bus en arc de cercle devant l’entrée. En agitant les mains levées au firmament, tels une rangée de marionnettistes naturistes, puisqu’ils avaient les mains nues (mais le zboub couvert je te rassure). Une fois sortis du bus, nous fûmes assaillis par les « BONJOUR » et autres « BIENVENUE NOUS T’AIMONS », que nous distribuait le reste de la troupe rangée en haie d’honneur.

Et puis on m’a attribué 3 GO : une porteuse de clé de chambre, un porteur de valise, et un dernier qui je crois n’a servi à rien mais enfin on n’était plus à ça près.

Un GO se rend utile.

Je dois quand même reconnaître que le Club Med c’est un certain standing : pour te dire, pour juste moi et mes culottes, j’ai une suite avec un lit double, une chambre attenante avec deux lits simples, deux salles de bain, deux toilettes, 1 petit salon, 5 écrans de télé, 4 placards et un balcon de 10m de long avec vue sur la Montagnie. J’ai demandé à mes 3 GO de compagnie s’ils étaient censés dormir avec moi pour faire une coloc géante de gens gentils vu toute la place dispo, mais en fait non. C’était juste pour moi. J’ai hésité à me vénère parce que c’est pas cool de surestimer la place requise pour loger mon postérieur mais je me suis dit que déjà que je payais pas, j’allais pas la ramener en sus.

Ce qui est plutôt en forme de marrade c’est que depuis quelques années, comme tu le sais peut-être, le Club Med tente de redorer ses armoiries en se muant en machin grand luxe de standing premium ++. En revanche ils ont quand même gardé le concept des mecs qui zonent toute la journée en te souriant et en te disant « Salut comment ça va, la pêche ? » à chaque coin de couloir.

Résultat, tu te retrouves dans un endroit super classe avec des bédouins de 20 piges en polo blanc qui te passent la blague comme en colo. Pour te dire, hier soir on était en apéro post-moment-relou-où-le-chef-parle-pendant-la-plombe, et un mec est passé successivement :

–       En nous tendant un plateau pour qu’on se serve. Si je te dis que le plateau soutenait le superbe spécimen de poireau, tu comprendras mieux le souci.

–       Avec une bouteille et un verre qu’il faisait genre de renverser sur toutes les nanas qui trainaient… Sauf que c’était un faux verre, ça coulait pas ! Aaaahh le Rodriguez de la blague !

–       Bon et quand je l’ai vu passer avec une fausse main coupée, j’ai juste prié pour que ça soit réellement une fausse déjà, et puis j’ai vaguement tracé histoire qu’il me demande pas de lui serrer la pince.

Mais ATTENTION, tout cela dans un salon lounge bourré de canaps et de coussins en soie fine du Périgord, du 100% fil de diamant et tout. Ca change tout.

Demain j’ai une présentation à faire. Rien de méchant hein. Juste devant 400 pelés. Voilà voilà. Un genre d’Olympia mais à 3000 km d’altitude.

C’est des trucs qui arriveraient jamais en plage de bord de mer ça, c’est clair comme de l’eau de galet.

Le burger choupi attaque moins que M. Propre

Sache, Internautre, que je suis une citadine de ville de type pur beurre. J’aime les supérettes, les enfilades de rues, les parcs avec des fleurs savamment disposées en forme de trucs et autres machins, l’animation résultant de la population environnante, la diversité d’activités dispos à trois doigts de pieds de distance (cinéma, théâtre, épilation de la rotule), les cadavres de pigeons dans le caniveau, bref tout.

La biodiversité urbaine. Quelle splendeur.

Cependant, il m’arrive parfois comme toute une chacune de ressentir en mon sein le puissant appel de la Tatie Nature, généralement conjointement à la pose de RTT. C’est pour satisfaire à cette quête de simplicité et d’odeur de bouse de vache que j’acceptais avec enthousiasme l’invitation de ma cousine Colombine à aller de conserve avec elle et ses amis au festival Latinossegor qui, comme son nom l’indique, est une manifestation de salsa plantée en bord de mer à Hossegor-Plage.

Je ne sais pas si tu es déjà allé à Hossegor, Internautre, mais pour te donner une idée de ce que ça donne, imagine des grosses maisons de riches, des haies taillées au poil de fion, des rues sans une seule merde de chien par terre et des façades repeintes de la veille. Ou alors ce sont des façades auto-nettoyantes. Sépa. En gros ça ressemble au Village Disney mais en moins bariolé. Là bas je te jure que même les fastfoods sont tout choupis.

C'est le burger des Teletubbies

Le MacDo local. Si c’est pas choupi !

Comme tu le sais si tu as lu un précédent article de ce blog, je souffre d’un léger souci de coordination corporelle qui transforme malheureusement toute tentative de danse en une malheureuse exposition de membres en exploration aléatoire de l’espace environnant. Ma présence en festival de salsa relevait donc du non sens total, mais il se trouve qu’à Hossegor il y avait aussi ma cousine Colombine que je ne vois que rarement pour cause de pénates à Toulouse, la ville la plus mal desservie de Francie, et puis aussi à Hossegor il y avait la mer, le soleil, et la douce chaleur de l’été finissant.

Quoiqu’en termes de chaleur je fus légèrement désappointée dans la mesure ou, si la température de jour était tout à fait correcte, je n’avais pas prévu qu’une fois la nuit venue mon haleine se mettrait à givrer. Pour te dire, dans la tente je dormais en claquant des dents avec trois pulls, un fute, des chaussettes et un sac de couchage, me tortillant sur mon tapis de sol pour faire du fesse-fesse avec Colombine et grappiller localement 2-3 degrés. Ah oui, parce qu’on faisait du camping. Dans une charmante petite bourgade nommée Labenne, à deux encablures d’Hossegor. Je te laisse imaginer le potentiel humoristique des cartes postales « Bons baisers de Labenne », ça vaut son pesant de noix de pécan.

Mais rassure toi, en dehors des nuits gelées et des journées plage, les soirées salsa furent finalement assez amusante. Je n’ai bien sûr pas dansé, enfin sauf une fois quand un des amis de Colombine m’a invitée, sans doute touché par la forme du muret bordant la piste que mes fesses commençaient à imprimer. J’ai eu beau lui préciser qu’il courait à sa perte, le courageux jeune homme a persisté dans sa volonté de m’apprendre quelques pas. Et je dois avouer que là où Jean-Eudes le chinois échoua lamentablement, ce type là réussit à me faire me mouvoir de façon quasiment aboutie sur le même pas en boucle, me donnant l’impression fugace d’être une princesse de la danse alors que selon toutes probabilité je ne devais même pas être en mesure de gagner les paralympiques de salsa.

Pour conclure, un petit échantillon des bêtises du week-end:

« Je te le jure sur la tête »

« … Sur la tête de qui ? »

« Non mais j’aime pas donner des noms c’est glauque »

« T’as du gel douche ? »

« Oui, tiens »

« Mais c’est pas du gel douche ça c’est du shampooing »

« Bah si ça marche sur les poils de têtes ça doit marcher sur les autres poils »

« Et donc le sperme ça fait mal à la gorge ? »

« Bah non quand même c’est pas de la javel. Enfin sauf si tu sors avec Monsieur Propre. »