Archives Mensuelles: octobre 2012

Elvis Presley n’est pas l’ami du permis

Je me rends compte, Internautre, que bien que je te raconte régulièrement les tourments qui m’attaquent les boyaux dans l’ouragan de la Vie, j’ai pour l’instant plus ou moins passé sous silence le cancer qui me ronge le rein droit, la plaie purulente qui envahit mon sein, le poil de fion dans le potage de mon Destin.

Je sais que beaucoup d’entre toi ont vécu ce moment redoutable, cette épreuve sans doute sponsorisée par le lobby des antidépresseurs et Kleenex confondus :

Le permis de conduire.

Boire ou conduire, comment choisir ?

NON Internautre, malgré l’impressionnante maturité et l’époustouflante puissance de l’esprit qui transparaissent entre ces lignes virtuelles, je n’ai pour l’instant pas l’autorisation légale de placer mes fesses en monitoring de véhicule motorisé. Enfin si je peux y mettre le postérieur, mais bon je peux allumer que l’autoradio.

Pour tout te dire, je suis tellement une handicapée de la conduite que rien que le code a nécessité 3 sessions pour que je fasse enfin moins de 6 fautes. Et quand tu penses qu’aujourd’hui au code de la route ils te posent des questions du genre « quel est le pourcentage de piétons entre 18 et 25 ans », savoir, comme chacun sait, Ô combien précieux pour rouler à une allure accorte, la courtoisie au coin des lèvres et la sécurité en guise de pare-chocs, ben la consternation n’est pas loin loin.

Il se trouve donc qu’il y a 2 ans et demi, après avoir eu mon code, j’ai commencé la conduite.  J’ai tout de suite montré d’étonnantes dispositions à… Très mal conduire. Vraiment, tous mes moniteurs auraient été sur le cul devant mes anti-capacités s’ils n’avaient point été déjà assis.

Une fois,  je roulais tranquille à l’époque de mes premières heures de tenure de volant, calculant que je n’avais pas besoin de ralentir car le piéton qui s’engageait sur le passage dédié devant lui avait largement le temps d’arriver de l’autre côté le temps que je me pointe. Sauf que c’était pas n’importe quel piéton. C’était mon amie Claire de Lune qui traversait par hasard le passage piétons devant moi lorsque soudain, avisant ma tronche au volant, s’est brutalement arrêtée au milieu du passage, agitant les bras avec un visage réjoui.  Ce jour là, j‘ai failli souiller la chaussée d’une hémoglobine de blonde à grande bouche.

Mais aussi, si j’avais eu un moniteur de qualité, jamais quiconque n’aurait frôlé la mort de si près, et les gnous seraient bien gardés. Entre le mec qui aurait besoin d’une psychothérapie qui te parle de sa femme au bord du décès pendant l’intégralité de l’heure, ou encore le vieux chauve qui te fait écouter ses reprises des chansons d’Elvis Presley et te demande ton avis (ce à quoi tu réponds par « Super pêchu, mais comment te dire ya un camion rouge ENOOORME QUI BLOQUE LA VOIE D’ACCELERATION »), ben franchement j’étais pas sortie du sable. Et franchement son interprétation de « Love me tender » était à chier des parpaings.

T’as vu là ? C’est mon interprétation d’une photo de bite. Pas mal hein !

L’année dernière, gavée d’heures à 50€ pièce jusqu’à mes restes d’amygdales, je me suis donc présentée à l’examen, suant la réussite et presque pas la tête dans le cul pour cause de nuit passée à moitié à me répéter « le permis putain putain putain putain le permus putain putain putain.. ».

La plupart des gens qui n’ont pas leur permis du premier coup ont en général une bonne raison.

« Il m’a dit que j’allais trop lentement alors que j’approchais d’un feu rouge »

« J’ai loupé mon démarrage en côte »

« J’ai calé sur l’autoroute »

Et puis il y a moi.

« J’ai grillé un feu rouge »

Et me voilà, 3000 € plus tard, sans mon permis et sans thunes.

Comme sans pognon pas de permis, je du attendre maintenant pour reprendre le bousin.

Et je souffre.

Si tu savais comme je souffre.

Les glaces c’est plus traitre que les pommeaux de douche

Cette année est visiblement dédiée à la découverte de la Ritalie, moi qui n’avais à peu près never ever posé ne fût-ce que le demi doigt de pied à l’est de Nice il y a à peine un an de ça. Je te dis ça parce qu’en plus du mariage de mon amie ritale et de mes vacances en côte Amalfitaine, le déplacement de boulot qui me pris l’entièreté du weekend dernier se trouva être carrément en plein cœur de la capitale du pays des bottes, des tiramisus et des gens qui parlent fort en agitant les coudes : Rome.

Faut quand même que je te dise un truc sur Rome : c’est vachement beau. Si t’y es jamais allé et que tu cherches la destination charmante pour (ré)emballer ton Autre, vas-y saute dedans les pieds joints, parce que c’est la ville à la fois over romantique, méga culturelle si jamais t’as envie de te la péter (et ramener des magnets avec des tableaux de grosses femmes nues dessus), et avec plein de bonne bouffe aux petites échalotes.

Ah, un ptit magnet levrette. La classe.

Cela dit la vie étant demie mal faite, mon billet d’avion prévoyait que je devais me trouver vendredi dernier à l’aéroport à l’aube (8h du mat’), résultant en un taxi prévu à 7h mais que je ne pris qu’à 7h15 pour cause de :

 « ALLO j’attends votre taxi depuis 10 minutes je vois personne là »

« Ah bon mais c’est étrange pourtant il attend bien au 3 rue des trous de balle »

« …C’est super pour lui, mais moi je suis au 31 »

« … »

Bref, je disais que la vie est seulement à demie mal faite parce que quand même quand ton programme de la journée débute à 18h30 et que tu te retrouves par voie de brisure de cou de sieste d’avion en totale liberté à Rome à 14h, avec soleil de fou et 27°C au compteur en pensant à tous les parisiens qui se tapent 100 % d’humidité à 5°C, ben finalement quand même t’es content. Bon ya bien le moment où tu rentres dans ta chambre d’hôtel et que tu t’étonnes du contraste entre le fait que tu as une télé cathodique en format mètre cube, alors que visiblement ils t’ont foutu 2 salles de bain. Sans doute un modèle de chambre pensé pour les vieux couples des années 90 mais qui sont tellement super pressés qu’ils peuvent PAS ATTENDRE que l’autre ai fini pour prendre sa douche.

Voilàn CA c’est de l’optimisation.

En plus déjà que moi toute seule donc en faisant marcher une seule douche à la fois hein, je me suis retrouvée sous un espèce de bâtard de jet semi-chaud-puis-gelé qui faisait le bruit bizarre de comme si yavait un putain de bébé pigeon planqué dans le tuyau, je sais pas comment ça rend quand t’ouvres les deux pommeaux. Mais si tu sais le « PFFT PFFT PFFT » de la douche avec des jets épileptiques. En revanche le paillasson imitation gazon vert fluo sur mon balcon qui donnait sur un mur avec une légère odeur d’égouts qui flottait dans l’air, là j’ai grave apprécié. Non pas.

La compagnie aussi laissait légèrement à désirer. Comme nous étions là-bas en accompagnement d’importants clients, nous étions tenus de leur coller au fion tels les bouts de PQ à l’anus du premier venu. Mais collera bien qui collera le dernier : en guise de résultat, l’un d’entre eux, que nous appellerons Poildecul afin de coller à sa personnalité et de rester dans le thème des fonds de slip, se fit un devoir de bien informer le chaland que je ne valais pas tellement plus cher qu’une vidéo en streaming de Pornhub. Pour te placer le personnage, je précise qu’il a la quarantaine bien tassée,la moitié du crâne en chauvisme avancé et du gras réparti un peu partout.

Poildecul : « Je comprends pas les gens qui vont en vacances dans les pays d’Asie, c’est pauvre c’est moche »

Moi : « Eh ben oui les villes sont sans doute pas toutes belles, mais c’est sans doute plutôt pour les paysages naturels que ça vaut le coup d’y aller »

Poildecul : « Bah t’en as un toi de paysage naturel ! »

Moi : «  … … H.. Hein ?? » (parfois quand la conversation va au-delà du réel, il est inutile de former de vrais mots)

Poildecul : « Moi je préfère te mater que de vois le Laos »

Et ça TOUT le week end. Je te jure. Un soir il m’a offert une glace, me disant que je devais absolument goûter le meilleur glacier de Rome, puis il a sorti son iPhone pour me prendre en photo la langue dehors. Classe.

Et on dit que les Ritals sont machos et relous, franchement pas la peine d’aller chercher si loin.

On a tout ce qu’il faut sur place, et moi pour le coup je m’en étais même pris un à emporter.