L’adultisme me gagne

Les enfants, tout arrive.

Le Pape démissionne, mon grand-père me parle sur WhatsApp, et j’aaAAIII MON PERMIIIIIS comme dirait une fille hystérique. Etant donné que je frôle la normalité, je vais me contenter de dire avec calme et désinvolture que pour la modique somme de 3000 euros, 3 ans et 3 passages à l’examen, la société a enfin eu l’insigne bonté de m’octroyer le doux papier rose, aussi connu sous le nom de « passeport pour l’adultisme ».

Car dans ma vie j’ai passé pas mal d’étapes initiatiques et je dirais même rituelles dans la mesure où la blinde de personnes vivent la même chose. Je crois que le premier truc qui m’a faite me rendre compte que je me rapprochais de la péremption, c’est vers mes 14 ans, quand je me suis rendue compte que le temps se rabougrissait. Genre un mois avant je me demandais comment mes parents pouvaient s’ennuyer au point d’avoir un planning prêt pour les vacances d’été au mois d’octobre, alors qu’à mes yeux les deux prochaines semaines étaient déjà un puits sans fond de mystère insondable.

Et puis me voilà soudain, arrivée à un moment de mon existence où l’expression « plan à 5 ans » a un sens,  et où les anniversaires s’enchaînent au point d’avoir un mal de coyote à mettre mon âge à jour lorsqu’on me le demande.

OOOOOHHH BEEEEEN 16 ANS ET DEMIII PAS PLUUUS hihhi

Et puis la fin du lycée a sonné,  j’ai révisé mon bac armée de fiches bristol à petits carreaux, de stylos dont chaque couleur avait une place très précise dans la hiérarchie des titres, et secondée par l’intégrale des valses de Vienne et de l’album de Notre Dame de Paris. Je sais, je sais. Mais il fallait bien que ça sorte un jour ou l’autre : oui, je connais les paroles de « Belle » par cœur. Mais à vrai dire, ça n’est pas le fait d’avoir mon bac grâce à 15 fiches de bio, physique chimie et maths, 1 recto d’histoire géo et quelques épisodes de Friends en VO pour les langues, non le vrai changement c’est l’entrée à l’Université.

Bien sûr « Université » ça paraît un grand mot pour désigner des immeubles moches sur une pelouse pelée pleine de rastakouères en train de prendre le soleil avec un pétard au bec. Oui parce que les gens sérieux sont pas H24 sur la pelouse. Bon okay peut-être que si. Bref, le truc qui  a vraiment révolutionné ma life, c’est pas le RU, non la bouffe changeait pas de la cantine, non ce sont les heures de cours. Est ce que c’est pas une hérésie complète d’habituer la jeunesse à se concentrer pendant des créneaux de 50 minutes pendant toute leur vire pour soudain les balourder là où la concentration doit durer 1h30 ? Eh bien je ne crois PAS.

Un cours de socio classique

De là s’ensuivirent plusieurs années de vieillissement artériel et de succession de coupes de cheveux pas toujours heureuses. Et puis un jour, PAF j’ai emménagé avec mon copain. Dernier coup d’adultisme en date. Dis toi, Internautre, que je suis actuellement en possession d’un lit conjugal. C’est pour te dire le truc.

Mais rien ne m’avait autant stressée que le permis de conduire. Bon c’est vrai que mon emménagement de couple m’avait tout de même occasionné un quasi bris de genou psychosomatique. Mais avec le permis j’ai frôlé la tumeur de cerveau et ça ça fout les boules grave. Alors je te cache pas que je l’ai eu au poil de fion, vu que sans mon point de courtoisie je l’aurais eu dans le cubitus. Il est également probable que is je n’avais pas mis 3000 plombes à répondre aux questions de l’examinateur j’aurais eu plus de temps de conduite effectif et donc plus de probabilités de commettre un erreur fatale, seulement il se trouve que je suis une burne en questions, comme je le mentionnais tantôt, et qu’il a donc trimé sa mère pour me faire sortir le bousin.

–       Mettez le rétroviseur en position nuit

* clic *

–       Voilà !

* Il me fixe *

* Je suis perplexe *

–       AH !! Oui, pardon ça c’est le vôtre.

L’histoire de ma vie. Heureusement qu’il n’y avait pas de pénalité pour cervelle en gelée de coings.

Mais tout cela importe peu. Car aujourd’hui, plus que tout autre jour de ma vie, je cumule les facteurs d’adultisme à un point inquiétant.

Un point rassurant pour mon degré de péremption cependant : j’aime toujours écouter les chansons Disney.

J’ai dit rassurant ?…

Advertisements

Publié le 5 mars 2013, dans Delirium très mince, et tagué . Bookmarquez ce permalien. 6 Commentaires.

  1. moi c’est le contraire j ‘ai des relents d’adolescence qui recommencent lol comme un jeune geek je zieute les dernier new du prochain superman!!

  2. A la pelouse de la fac, le petit lutin vert, les soirées révisions au rockstore …

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :