Les manies de fille (que je ne comprends pas) (personne ne les comprend d’ailleurs) (1)

« Rien »

C’est la réponse à la question « ça va ? Qu’est-ce que t’as ? ». En effet, pour une raison à ce jour encore inconnue, la fille tracassée éprouve le besoin de ne surtout pas dire ce qui la tracasse lorsqu’on le lui demande – dans le contexte d’une relation amoureuse en particulier. Prenons donc un exemple affligeant et que pourtant tant de filles ont vécu :

Jean-Michel n’a pas proposé à Bernadette de venir à la soirée que son pote René a organisée, pourtant Bernadette sait bien que Gervaise, aussi nommé « la Reine de la Baise » pour une obscure raison, sera bien présente, elle ! Point d’histoire de soirée mec donc.

Jean-Michel pense : rien de spécial. Après tout ses potes l’ont invité à une soirée, donc il va à la soirée. Il est pas obligé d’inviter sa chérie à toutes ses soirées quand même, et puis il voudrait pas qu’elle s’ennuie.

Bernadette pense : « il me propose pas donc déjà il s’en fout que je me fasse chier pendant qu’il va se bourrer la gueule, en plus je suis sûre que c’est parce qu’il a pas envie que je l’encombre pendant la soirée, OOOHH il pense que je suis un PUTAIN DE BOULET, et puis comme ça il pourra se laisser draguer par cette connasse de Gervaise, OMG s’il est trop plein elle pourrait en profiter pour lui lécher la braguette en douce, MON COUPLE EST FOUTU »

Résultat elle fait du boudin.

Jean-Michel, pour qui jusque-là tout se passait bien, remarque alors que la jolie propriétaire de protubérances mammaires 85C qui jusque-là se tenait gentiment assise sur le canapé a été soudainement remplacée par un chapelet de boudins. Et comme franchement, s’il a été choper de la meuf avec un score de bonnasserie de 7/10 c’était pas pour se retrouver avec de la charcut sur la méridienne en cuir de veau, du coup Jean-Mich commence à avoir un peu les glandes.

Bon allez les filles arrêtez de vous faire la gueule, mayrde

« Ça va pas ? Qu’est-ce que t’as ? » Demande-t-il alors comme tant d’êtres avant lui, masculins pour la plupart, qui comme lui se sont trouvée en plein désarroi devant un plat inopiné de sang coagulé enveloppé dans un intestin de porc.

Elle se dit alors : bon si je dis direct ce à quoi je pense c’est clair qu’il va en rester comme 8 ronds de flan tellement c’est plus marteau qu’un programme électoral de Chasse, Pêche et Tradition. Car la fille sait au fond d’elle que son raisonnement est à 70 % de la mayonnaise auto-fouettée qui remplit peu à peu son espace mental de façon totalement irrationnelle, mais elle est dans l’incapacité de s’en défaire à cause de … Bon on sait pas à cause de quoi mais elle peut pas.

A ce point de sa réflexion, 3 choix s’offrent à elle :

1-     Tout avouer quand même, et fuck sa réputation durement acquise de fille cool, pas compliquée, et en pleine possession de ses facultés mentales.

2-     Trouver un mytho pour l’obliger à annuler sa soirée et rester avec elle, du genre « ma maman m’a appelée tout à l’heure… Elle avait un bouton sur le menton… Ça lui fait pas mal mais j’ai peur du cancer tu vois ? ‘fondre en larmes’ », ou encore « Ils ont passé l’épisode 113 de Sex and the City avant le 112… Ils m’ont trop spoilée la 57e réconciliation avec Mr Big, je suis trop démontée de la vie ‘laisser une larme sexy couler sur sa pommette’ »

3-      Dire « Rien », mais avec le même ton que quand il faut punir Koukoune quand il a fait caca sur le tapis, pour obliger Jean-Mich-Muche à reposer la question, ce qui nous ramène très clairement au point de départ.

Elle tient à sa réputation, et elle aime pas lui mentir, du coup elle choisit l’option la plus con. Elle croise les bras, fixe le mur d’un air mauvais et elle dit :

 « Rien »

Le pauvre Jean-Mich-Muche, devant le « Rien » choisit par Bernadette, n’a donc que peu d’options :

1-     Insister, après tout il veut que sa chérie revienne, et puis le boudin il l’aime qu’avec des morceaux de pomme alors bon.

2-     Deviner par magie ce qui chagrine tellement la prunelle de ses yeux, et donc l’inviter spontanément à sa soirée ou bien lui expliquer qu’il l’aime et qu’il a juste envie de profiter de René, et qu’aussi Gervaise il la trouve à gerber.

3-     L’envoyer se faire mettre et supposer qu’après tout elle n’a peut-être pas envie d’en parler et puis merde la soirée va commencer et après faudra s’enfiler 5 shots d’affilée pour rattraper les copains et vomir à l’unisson.

Dans la mesure où le choix 1 « insister » alimente la boucle infinie de Bernadette en mode « qu’est-ce qu’il y a ? » « Rien » « Mais dis-moi » « mais RIEN j’te dis » « Mais je vois BIEN qu’il y a quelque chose » « Mais NON » (en fait si), et lorsqu’on sait que le choix 2 « deviner » est rigoureusement interdit à l’esprit innocent et trèèès loin du pot aux iris de Jean-Mich-Muche, il ne reste plus logiquement qu’une seule possibilité.

« Boon… Si tu le dis. Bon ben bonne soirée ! » ‘la porte claque‘

Dans l’appartement désormais à demi-vide, Bernadette a toujours les bras croisés et les yeux fixés sur le mur. Soudain, sa bouche frémis, son menton tremblote, ses yeux s’embuent.

Il est parti alors qu’il savait qu’elle n’allait pas bien, le chien !

Il aurait quand même pu s’en inquiéter.

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Publié le 15 novembre 2013, dans Delirium très mince, et tagué . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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