Allez viens en Géorgie, on est bien !

Il y a des endroits dont la plupart d’entre toi n’a jamais entendu vraiment parler. En tout cas pas au point d’en avoir réellement une idée préconçue. Par exemple, quand je dis Japon, tout un chacun pense manga, sushis et robot à pipes. Quand je dis Etats-Unis, on pense Hollywood, armes à feu et obésité morbide. Angleterre = royauté, fish & chips et Harry Potter. Groenland = glace, glace et glace. Bref tu vois le truc.

Et puis un jour un de tes amis t’apprend qu’il va se marier avec sa copine géorgienne. En Géorgie. Et tu te rends compte que depuis des années que tu la connais et que tu connais sa nationalité, tu ne sais toujours pas placer correctement son pays sur la carte.

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C’est là

Et quand on te dit “ça t’évoque quoi la Géorgie”, à ta grande honte tu es obligé de répondre “erm… Le pays de Georges ?” => ce qui est absolument faux, puisque d’après mes informations, les géorgiens appellent leur pays Sakartvelo, ce qui n’a strictement aucun rapport avec la choucroute (et aucun non plus avec Georges). C’est d’autant plus surprenant que le président et le premier ministre actuels s’appellent tous les deux Guiorgui, ce qui est donc totalement cohérent avec la théorie voulant qu’elle tire son nom du “pays de Georges”. En fait la Géorgie semble souffrir du syndrôme de l’Allemagne, qui s’appelle Deutschland à domicile et Germany à l’international. Un triplement de personnalité qui ne semble poser de souci à personne : excellente idée, avec 197 pays dans le monde c’est vrai qu’il semble judicieux d’inventer plusieurs noms à chacun, histoire de compliquer un peu la tâche. D’ailleurs, je propose qu’on appelle la France “Engrèvie” en interne, histoire d’affirmer un peu plus notre identité nationale. Chers expatriés d’Afrique, d’Asie, d’Europe ou d’ailleurs, sachez que l’Engrèvie vous accueillera à bras ouverts à la simple condition de 1) trouver un travail (sans boulot pas de grève ben oui) et 2) ne pas y aller en signe de protestation contre X événement aléatoire. Bien sûr toute participation à une manifestation vous permettra de différer votre recherche de taf, on n’est pas des monstres (surtout que je pointe moi même à Pôle Emploi, donc évitons la mauvaise foi).

Bref, la Géorgie. Je n’avais pas la moindre idée de sa localisation précise, ni de ce à quoi ça ressemblait. Et bien figure toi qu’en Géorgie, outre mon frottis (cf post précédent), j’y ai trouvé :

  • Un mariage magnifique
  • Une culture de la fierté puissance virilité
  • De la bonne bouffe en sauce
  • Des montagnes, des monastères, et des monastères dans des montagnes

THE WEDDING

Plan d’eau, ballons multicolores et arche fleurie, caricaturiste, marié ému et mariée rayonnante, jusque là on est sur une recette éprouvée du mariage 1000 carats. Quelques petites spécificités cependant. D’abord, l’animation du dîner. Chez nous en Engrèvie, c’est festival de textes, chansons et powerpoints contenant photos d’enfance et dossiers alcooliques de la période étudiante, voire un jeu de type Les Zamours où chacun espère que les réponses des mariés différeront, mais où au final rien de bien fou ne se passera dans la mesure où personne n’a osé poser les questions de cul, à cause de mamie Ginette qui pourrait prendre mal qu’on parle du goût de sa petite fille pour les cuni. En Géorgie, point de tout ça, le rétroprojecteur et l’écran qui se déroule du plafond sont allègrement remplacés par des danses mirifiques d’hommes en collants. Car si en France nous sommes parfaitement dépourvus de danse nationale (à moins qu’on n’adoube le French Cancan ?) (perso je suis pour, ça va drôlement égayer les fêtes nationales), en Géorgie ils disposent d’une tradition chorégraphiée bien spécifique. Les danseurs miment le combat, sautent, tournent, se croisent, font des étincelles en entrechoquant leurs (vrais !) sabres, mélange d’allégorie de la guerre et de la fierté masculine, saupoudré de grâce et de séduction. Car il y a également des danseuses géorgiennes, absolument, qui sont assez anecdotiques d’après ce que j’ai pu voir : elles apparaissent ici ou là pour trottiner au milieu de la choré masculine, toute de robes et de longues tresses postiches vêtues, les lèvres tartinées de rouge et d’un sourire qui minaude, mimant la fière jeune femme que seul l’un des vrais guerriers pourra conquérir au péril de ses collants. Real shit.

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Ya pas à dire, ça a de la gueule

N’empêche que quand les jeunes mariés ont fait leur danse d’ouverture de bal ça avait une autre gueule que les sempiternelles valses qui donnent le tourni : plié jeté sauté, séparation et retrouvailles, ça sentait les heures de répète (et sans collants en plus). J’aurais adoré voir le mélange avec le French Cancan.

Deuxième particularité géorgienne : la guerre du mic’. Car en Géorgie, les paternels doivent se disputer la propriété du micro, afin de faire des discours improvisés entre chaque plat. J’aurais aimé vous informer de la teneur des discours en question, mais le champion toute catégorie étant le père géorgien de la mariée, j’avoue ne pas être en mesure de traduire l’intégralité de ses propos. Belle verve en tout cas.

Mention spéciale au buffet, qui était servi sous forme de tapas géantes sur chacune des tables, et qui nous ont mis à rude épreuve le temps que les mariés arrivent et que le premier georgien de notre champ de vision s’autorise à commencer à manger, nous donnant le feu vert pour nous même nous jeter dessus.

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Davut et Iri, thank you for that! En plus un mariage sans l’Aventurier ni Emile et Images, vraiment ça n’a pas de prix.

Bien sûr comme à toute célébration l’alcool coulait à flots, et comme nous étions peu ou prou sous la Russie, quoi d’étonnant à y trouver des shots de vodka pure ? Absolument rien. Et ainsi fut il. Quelques shots plus tard, le dialogue suivant eut lieu, me rendant terriblement fière de ma moitié :

Frère du marié : Tiens M. Akov, je te présente ma copine

Copine (pas timide) : Salut ma couille !

M. Akov (pas timide non plus quand bourré) : Salut ma couillasse !

Copine : ah ben on m’avait dit que t’étais timide, mais en fait non

M. Akov (toujours bourré) : Hahaha yé souis timide, eh ! Je peux aussi faire l’hélicoptère avec ma bite !

Eeeeet, fermez les guillemets !

Heureusement, la famille du marié étant de type détendue du slip, nous n’eûmes pas affaire à la brigade des moeurs georgienne ce soir là.

Là où je suis vraiment fière de nous, c’est que nous avons réussi à faire une brillante démonstration de la richesse de la culture française à nos amis géorgiens, qui certes connaissaient aussi bien que nous le concept de la chenille (bien que la personne de tête l’ai malencontreusement menée entre deux tables trop étroites pour permettre un retour par le même chemin) (“Ohlalalalaaaa l’ERREUUUR, L’ERREUUUR” beuglait Vic bourré, les mains sur mes épaules), mais là où je pense qu’on les a soufflés, c’est sur notre juste interprétation des Sardines, du bien connu Patrick Sébastien. Nettement moins esthétique que les danseurs en collant, mais relativement festif malgré tout, et beaucoup plus collaboratif (que celui qui a dit “beauf” au fond se dénonce !). Mais l’apothéose, je crois que ça a été l’interprétation de Gilbert Montagné – Sous le Soleil des Tropiques, by Zozo, qui avait pour l’occasion enfilé ses lunettes de soleil ainsi qu’un certain nombre de shots translucides. Là où elle a vraiment assuré, en plus de ses talents d’imitatrice hors pairs (ah ce balancement de tête, cette bouche ouverte vers le plafond), c’est la justesse de son interprétation, car figure toi que la meuf avait carrément fermé les yeux derrière ses lunettes opaques. Au point qu’elle n’a même pas remarqué qu’une bonne quinzaine d’entre nous ont envahi la scène autour d’elle pour mimer les divers instruments. Tant d’implication ça a quelque chose de magique (“giiiique”).

LA CULTURE VIRILE

Outre les danses en sabre et collants, les géorgiens ont également une façon d’être qui respire la virilité et la mentalité guerrière. Jamais un géorgien ne va spontanément décrocher un sourire à un inconnu. En cela, le géorgien est l’antithèse de l’américain, qui lui ne décroche jamais sa banane de sa face, quitte à se froisser un zygomatique. La meilleure preuve étant qu’aux Etats Unis on ne dit pas “Bonjour” comme tout un chacun, mais “How You Doin’?”, soit pour les non bilingues “Ca va ?”. Et quand on sait que l’expression “ça va” vient d’une époque où il signifiait “votre caca est il sain ou souffrez vous d’un déséquilibre défécatoire ?” parce qu’à l’époque ils n’avaient ni laxatifs ni crèmes anti hémorroidaires, on se dit que les américains sont encore plus intrusifs que nous, qui nous contentons de le demander à nos collègues et amis, et pas aux parfaits inconnus. Aux gens dont le transit nous intéresse vraiment, quoi. Bande d’hypocrites d’américains. Cela dit, ne répondez jamais “I am OK, thank you” à un américain inconnu qui vous dit “How you doin’?” à votre entrée dans un magasin ou un ciné. C’est juste le mec de la sécurité qui est poli, il n’en a rien à cirer de votre caca en vrai. D’ailleurs, au début je leur répondait systématiquement, et j’ai rapidement arrêté en constatant que ma réponse que je croyais appropriée était visiblement source d’infinie perplexité.

Mais revenons à nos Georgiens au travers de l’anecdote suivante, parfaitement représentative de la population. Après The Wedding, seuls Zozo et Biker ont pu rester la semaine avec moi pour découvrir le pays, les autres étant rappelés à l’ordre par la société capitaliste (et leur bulletin de salaire), M. Akov compris. Nous étions donc tous trois tranquillement installés en terrasse d’un restaurant en bord de route, sous un parasol Coca Cola bienvenu en cette journée réglée à minimum 180° en chaleur tournante. Le repas était excellent (en dehors d’une sorte de limonade industrielle vert fluo que le pauvre Biker faisait semblant de kiffer) et venait d’être englouti avec appétit, lorsque l’armoire à glace taciturne qui semblait être le propriétaire de l’endroit vint débarrasser quelque plats.

  • It was very good ! S’exclama aussitôt Zozo dans un bel élan de ferveur bilingue.
  • Yes, very very good, j’ai alors renchéri fort à propos, dans l’idée de démontrer ma capacité à développer une idée à l’aide de mots pertinemment choisis.

Nous nous attendions à un léger sourire, ou du moins un “thank you”, voire un signe de tête appréciateur, mais point de tout cela. L’homme ne bougea pas un muscle de son visage, et nous commencions à nous demander s’il nous avait entendu, ou si par malheur “very very good” signifiait “quelle sale tête” en georgien, lorsque soudain, l’armoire leva sa grosse patte au dessus de l’épaule de Zozo, et, avec lenteur mais conviction, il la tapota. Puis tel le Lucky Luke de la vaisselle, il reparti sans rien dire chargé de nos plats quasi nettoyés.

Un grand moment d’émotion.

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Géorgien au comble de l’émotion

DE LA BONNE BOUFFE EN SAUCE

Tout cela nous conduit tout naturellement à parler de la bouffe géorgienne. Si ce que tu imagines ressemble à une profusion de plats mêlant bouchées épicées, plats en sauce mijotés et raviolis géants, alors BRAVO car c’est exactement ça ! Les Géorgiens empruntent aux russes des viandes mijotées parfaitement relevées, et sont notamment spécialisés dans les sauces et bouillons en tout genre. En revanche pour les végétariens, ça ne va pas être facile, car la viande est partout… A l’exception des plats de champignons, qu’ils cuisinent hachés avec des oignons ou entiers et bien assaisonnés, un régal.

Mais le clou est certainement le raviolo géant (car le singulier de ravioli est effectivement raviolo, c’est toujours sympa à savoir !) (à défaut d’être utile), j’ai nommé le dumpling (ou Khinkali en VO). Le dumpling, c’est comme un gros sac de pâte molle et un peu collante (type ravioli chinois vapeur) rempli de viande hachées en sauce. Oui, en sauce, car sache que le dumpling n’hésitera pas une seconde à te couler sur la face si tu mords anarchiquement dedans. En Géorgie on est disciplinés, bordel ! Alors on se concentre et suit le mode d’emploi du dumpling :

  1. Le saisir délicatement via sa petite… hem, son petit bout dur
  2. Le mordre précautionneusement sur le côté
  3. Coller sa bouche sur l’orifice ainsi créé
  4. Aspirer le jus
  5. Dévorer le reste

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Attention au piège classique des repas en mode buffet : comme en Géorgie tu commandes les accompagnements, les viandes et les légumes séparément, la tentation est grande de multiplier les commandes pour tout goûter. Et là prend garde, car le Géorgien n’hésite pas à charger chaque assiette d’assez de nourriture pour nourrir ta mère, la mienne, et probablement leurs mères avant elles si elles étaient là. C’est ainsi que Vic s’est largement fait avoir lors de notre premier resto post The Wedding en commandant… TRENTE dumplings. TRENTE. Bien sûr malgré tous nos efforts nous ne réussimes pas à les finir (à 13), dans la mesure où nous avions déjà bien attaqué les plats. Ah, et évitez aussi la kachapouri 3 fromages ou pire, fourrés aux haricots rouges. C’est tout simplement inhumain.

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Cholestérol camouflé

Cela dit, notre meilleur repas (#ironie) a tout de même été celui que nous avons pris dans la ville d’Akhaltsikhe, où nous avons tourné un bon moment avant de trouver notre hôtel, munis uniquement du GPS marocain (= Biker qui descendait sa vitre pour demander aux passants s’ils avaient pas croisé notre hôtel des fois).

Résultat, lorsque nous nous sommes enfin installés il était aux alentours de 22h30.

Résultat bis : tout était fermé. Ah oui, à Akhaltsikhe on rigole pas, faut manger tôt ou s’asseoir sur son estomac (gymnastique que la Fédération des Kinésithérapeutes Français déconseille formellement). Heureusement, une petite supérette de coin de ruelle était encore ouverte à l’échange de quelques GEL (GEorgian Lira, monnaie locale) contre des denrées alimentaires. Et c’est ainsi que nous avons eu notre meilleur menu du séjour : chips, TUC, et glaces, le tout à moitié vautrés autour de la seule table de la chambre d’hôtel, qui faisait environ 50 cm de haut.

Miam.

PS : je ne recommande en revanche pas du tout la spécialité sucrée du coin, le churchkhela. C’est un mix entre une gelée de fruits fourrée de cacahuète et un plug anal (rapport à sa forme). Vraiment, restez au salé c’est plus sûr.

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A insérer en bouche

DES MONTAGNES, DES MONASTERES, ET DES MONASTERES DANS LES MONTAGNES

Car le Géorgien est très pieux et de confession orthodoxe, il a au fil des génération bâti un nombre incalculable de monastères et autres bâtisses sacrées. Et comme la Géorgie est un pays montagneux, fatalement la plupart d’entre eux se trouvent perchés. Tout ça ajouté à la récurrence surprenante d’anciennes cités troglodytes, on obtient des lieux de culte littéralement nichés dans la roche. Haut. Du genre à devoir se faufiler dans des boyaux rocheux par des échelles en carton, et le long des corniches munies de vieilles rambardes en fer de l’épaisseur d’un spaghetto (c’est comme pour raviolo). De quoi profiter de sacrés panorama (sacrés parce que c’est des monastères, t’as compris ?).

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Zozo en a même conçu une épiphanie après la visite d’une de ces fantastiques constructions perchées :

  • Aïe ! (elle a regardé dans son short) Je me suis faite piquer par un poil pubien qui repousse.

Excellent ! Le soir même, Biker se plaignait de s’être piqué la lèvre avec son propre poil de barbe.

Alors soyez vigilants les amis, parce qu’on n’est jamais aussi bien trahis que par sa propre pilosité, sachez-le.

Mais dans les montagnes, on trouve aussi des cons qui se perdent. Et quand je dis “des” cons, je veux bien sûr dire “trois”. Plus précisément, un marocain se trimballant un quintal de fringues parce qu’il ne sait pas trier un placard (enfin pour le coup il avait laissé le bazar à l’hôtel), une angoumoisine avec un poil pubien rebelle, et moi même tentant de lire un descriptif de l’itinéraire que nous étions supposés prendre. Et puis bien sûr, il y avait Bob le chien, échappé de sous une clôture d’un fermier du coin, et qui nous a accompagnés pendant les 11km de notre périple avec la désinvolture propre aux athlètes canins.

Au début, nous étions confiants sur le fait que nous suivions le bon itinéraire (supposé faire 5 km), mais lorsque le texte a commencé à préciser que nous étions censés être à 50m au dessus de la rivière, alors que le remblai sur lequel nous cheminions culminait à à peine 95 cm, puis que la rivière à gauche s’est muée en rivière à droite, nous avons commencé à être pétris par le doute. Et lorsque 10 km plus tard nous n’avions toujours pas croisé la queue de l’ombre du village supposé signer la fin de l’excursion, nous avons tout simplement renoncé à y croire. Pour couronner le tout, il pleuvait, et il se peut que nous ayons croisé en chemin un poulain mort-né étalé dans son placenta, sa mère encore tremblante d’avoir mis bas et son éleveur en train de lui tapoter l’encolure. Il a également fallu que nous trouvions un endroit où Zozo, l’angoumoisine avec la plus petite vessie de toute la Charente, pourrait trouver un endroit où la vider sans risquer que Bob en profite pour lui lécher l’anus (Zozo a des appréhension très spécifiques). Nous avons même hésité à rebrousser chemin, mais après avoir abattu tous ces kilomètres de gadoue dans laquelle trempaient des dizaines de grenouilles plus ou moins décédées par suite d’écrabouillement sévère, et surtout parce que notre point de départ n’abritait pas de taxi susceptible de nous ramener à bon port, nous avons bravement continué.

Pour être parfaitement honnête, la balade n’était pas exempte de panorama pas dégueu.

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Au bout de quelques heures de contemplation sportive, nous avons fini dans un micro village comprenant un hôtel de luxe flambant neuf parfaitement vide et fermé, quelques modestes habitations rurales, et… Un poste de garde frontières Georgie/Russie/Tchétchénie, devant lequel discutaient les seuls être vivants du secteur en dehors de Bob et nous. Après quelques baragouinages en anglais, les gentils militaires ont accepté d’appeler un taxi pour nous ramener, supposé arriver une demi heure plus tard. Devant nos mines mi reconnaissantes mi humides de pluie mêlées de sueurs, ils nous ont alors invités à patienter à l’intérieur de leur guérite.

A l’intérieur, il y avait 8 lits superposés, un bureau, une table, une salle de bain, une télé qui passait la version locale de the Voice, et une odeur de sueur. Le tout dans une trentaine de mètres carrés. S’ensuivit un dialogue parfaitement incompréhensible entre le Major, qui nous faisait défiler toutes ses photos de famille, les yeux brillants de fierté, accompagné de commentaires plus ou moins anglophones, et Zozo, qui a un vrai don pour communiquer avec les gens qui parlent très mal anglais. Pour les remercier des boissons chaudes qu’ils nous avaient gentiment offertes, nous avons voulu leur offrir les cigares cubains que Couscous avait oubliés pendant The Wedding en la possession de Biker. Mais ils étaient tellement choux qu’ils n’ont accepté le cadeau qu’en échange d’une pleine poignée d’une sorte de Snickers local (mais en encore plus sucré), ce qui était très généreux au vu du faible nombre de provisions disponibles dans leurs placards. Dommage, nous n’avons jamais pu les finir pour cause de risque de diabète.

Morceaux choisis

Biker – C’est quand même bizarre : les vaches mangent de l’herbe et elles font du gras. Nous on mange de l’herbe on fait pas de gras

Pendant une partie de UNO

Moi – Tu mets quelle couleur ?

Zozo – Cinq.

Zozo (en pleine lecture du guide anglophone) – Tiens y’a des singes dans le monastère !

Moi – …Non zozo monk ça veut dire moine.

Blague de Biker – une fois à Istanbul j’ai vu deux paons et j’ai fait PAN PAN

Zozo (au musée de Staline à Gori) : en fait il était super beau gosse Staline !

(et c’était vrai)

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Alors courez en Géorgie, les amis !

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Biker qui dabbe, comme un mec de l’année dernière

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Moi même en transe

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Zozo admire le paysage

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Publié le 9 juin 2017, dans Delirium très mince. Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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