1 stage + 1 faux attentat = la bien bonne rentrée

Il y a un côté euphorisant au chômage.

En fait un côté complètement bipolaire, mais je suis quelqu’un de positif, tu vois. Oui, il y a des jours où tu te lèves tard, où tes cheveux restent sales et ton pyjama en place jusqu’à ce que la honte de regarder Columbo sur TV Breizh à 15h en picorant des Chocapic à même le paquet te rattrape soudain. Et puis parfois il faut faire la vaisselle ou des courses, et c’est DUR parce que Netflix enchaîne les épisodes de Downton Abbey sans te demander si ton frigo est vide ou ton évier enfoui sous les assiettes sales.

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Popopo ma pauv’dame, c’est dégoûtant chez toi

Mais parfois, Internautre, parfois ! Ah ! Parfois, tu dors bien, sans cauchemars ni agitation, paisiblement, et le soleil entre par un côté du rideau occultant. Tu as envie de sauter dans la douche tout de suite, tu as rendez-vous avec un ami pour déjeuner, et quelqu’un te propose un projet que tu acceptes avec joie. Est ce ta chorale qui a besoin d’un programme ? Ta famille qui veut organiser une chasse au trésor pour l’anniversaire du petit frère ? Ta coach pro qui t’a regonflé l’égo la veille ? Une perspective d’activité qui pourrait ressembler à un métier ?

En fait tout ce qui ressemble à un objectif fait l’affaire. Tu te sens UTILE, VALORISE. Par simple contraste avec la journée pyjama – Columbo de la veille, tu as l’impression que tu pourrais absolument TOUT faire. Car c’est l’avantage quand tu ne fais rien. Tu as potentiellement la place de t’investir dans ce que tu veux.

Alors selon le temps qui fait, les gens qui pensent ou pas à toi, selon s’il reste du pain de mie à tremper dans ton (vrai) chocolat chaud (parce que tu as le temps, n’oublie pas !), le rien de ta journée deviens le néant du désespoir ou au contraire un terreau propice aux rêves et aux possibilités.

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Chômage, allégorie

Le métier de journaliste m’a toujours plus ou moins attirée, pour cause de j’aime écrire bien sûr, mais aussi par goût de la transmission, et de la juste synthèse mêlant l’accessibilité et l’exactitude de l’information. J’ai donc contacté une journaliste avec comme objectif de glaner quelques infos sur son métier, bref, en deux mots comme en cent, elle m’a filé une offre de stage, j’ai répondu, le lendemain j’avais entretien, une heure après je sortais avec la convention signée (car Pôle Emploi fait des conventions de stage mon bon, parfaitement !).

Ca s’est passé tellement vite que je n’en revenais pas. Pour te dire, il y a des pots de danette que j’ai mis plus de temps à choisir au Monop que cette rédaction n’en a pris pour me choisir moi. Pendant deux semaines avant de démarrer le stage, j’ai oscillé entre le contentement d’avoir un objectif et la panique de partir sur un nouveau truc sur un coup de tête sans savoir à quoi ça allait me mener. Et puis je me suis rappelée que de toute façon j’étais partie pour être parfaitement inactive pendant le temps de ce stage, ce qui aurait certainement mené à moins de choses encore, quelque part entre avancer mes séries sur Netflix et procrastiner devant les moutons narguant l’aspirateur.

Il ne m’a pas fallu plus de 2 semaines de stage pour expérimenter le cauchemar de tout journaliste de cette décennie : l’attentat. Enfin, le faux attentat bien sûr, sinon je n’aurais pas entamé ce billet avec tant de désinvolture. Que je te narre.

Tout a commencé quand ma collègue est rentrée dans l’open space avec l’air plutôt stressé. Et en effet, il y avait de quoi : « Euh, apparemment il y a un homme armé et il faut descendre dans la rue », a-t-elle balbutié. Elle n’avait même pas fini sa phrase que ma chef partait littéralement en courant, faisant dégringoler une pile de gobelets au passage, tandis que je prenais mécaniquement ma veste et mon téléphone pour suivre ma collègue. Pas mal de monde descendait des étages du dessus vers la rue, dont deux policiers en gilets pare balle, qui dévalaient les escaliers – sans pour autant rattraper ma chef qui avait déjà passé le mur du son – en criant « POUSSEZ VOUS SUR LE CÔTE ». Une fois dehors, nous étions un peu bêtes, sur le trottoir, à nous demander pourquoi la police était au même endroit que nous, ce qui semblait signifier que notre tentative pour nous éloigner du danger n’était pas vraiment couronnée de succès. On pouvait même dire que c’était complètement con.

Alors dans un bel ensemble, des gens qui comme moi doutaient un peu ont interrogé les policiers pour savoir où nous devions aller, la maréchaussée a dit qu’on devait se pousser, ma chef s’est mise à hyperventiler en criant « MAIS OÙ, MAIS OÙ » et quelqu’un a crié « ALLAH AKBAR ». « Allah Akbar » qui veut tout simplement dire « Dieu est grand », ce qui se veut plutôt positif, mais qui dans ces sombres périodes terroristes et en particulier quand on s’attend à voir un homme armé surgir au coin de la rue veut plutôt dire « CHERI CA VA COUPER ». La foule se scinde alors en deux morceaux, ceux qui paniquent, et ceux qui ont reconnu la voix de Fab, le mec de l’informatique, qui a décidément un humour pas piqué des hannetons. A une vache près il aurait pu se faire descendre par la police, mais le con était chanceux et il s’est juste fait pourrir par la direction.

La police nous a alors informés qu’à la base ils étaient montés sur notre toit pour avoir un visuel sur un homme potentiellement armé repéré sur un toit voisin, ce qui voulait dire que non seulement nous pouvions remonter dans nos bureaux, mais que de toute évidence il ne servait pas à grand chose qu’on en soit descendus.

En remontant on a retrouvés les deux tiers de nos collègues à l’endroit où on les avait laissés, en train de réfléchir à la procédure plus du tout d’urgence à suivre.

Une demi heure plus tard, personne ne s’était encore remis au travail, persuadés qu’un fou armé était en cavale en plein 7e arrondissement, et relativement inquiets que ma chef ne soit pas remontée en même temps que nous. A ce stade, j’envisageais sérieusement qu’elle soit rentrée chez elle en courant.

Encore quelques minutes plus tard, plus calme après un détour par le café en compagnie d’un collègue dans l’avant bras duquel elle avait incarcéré ses ongles, ma chef rentrait au bureau et un mail dans ma boîte pro. Mail qui nous informait que l’homme supposément armé était en réalité un couvreur.

Parfaitement, ce pauvre homme était tout simplement en train de poser ses tuiles lorsqu’il a été repéré par la maréchaussée, menant subséquemment au bordel sus-décrit.

Arrêtez, malheureux ! Criminel !

Un couvreur.

Heureusement que Fab s’est pas fait buter.

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Publié le 10 octobre 2017, dans Delirium très mince, et tagué . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Je suis littérallement explosée de rire (ou que disent les jeunes aujourd’hui)?
    Si cette mésaventure ne réflétait pas l’angoisse bien réelle causée pas la multitude d’attentats ci et là j’en serais presque à me rouler par terre… Malheureusement après la rigolade première l’attentat de las Vegas m’est revenu en mémoire (« homme armé sur le toit » hahaha haha ha…) et toute la révolte et frustration avec (bah ouais c’est normal aux USA de possèder une armurie te permettant de tuer des dizianes/centaines/??? de passants qui n’ont rien demandé parce que ton lait au frigo est périmé et que tu n’aimes pas tes céréales du matin sans lait et qu’il se trouve que tu veux des céréales et pas de tartine ce matin. Oula je déraille…
    Tout cela pour dire que tu m’as bien fait rire et que je doute pas un seul instant que ton avenir en tant que journaliste est plein de promesses!
    Bisous ma Vinaigrette

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