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Aujourd’hui, c’est câlin

On se demande souvent si on est les seuls.

Suis-je la seule à ne pas supporter de faire une nuit blanche ?

Suis-je seule dans ma détestation des bananes ?

Est ce que quelqu’un d’autre que moi est déjà tombé amoureux de Donatello la Tortue Ninja violette ?

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Sous les commentaires YouTube, cette interrogation revient souvent

Je t’épargne le suspens : non, je ne suis pas la seule (déso Donnie, je vais devoir accepter de te partager).

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Sexy Donnie – Credits TechnoRa1nSh1ne

A 7 milliards d’être humains sur Terre, je pense qu’il est à peu près impossible d’avoir une pensée qui n’a pas déjà été formulée. Pourtant, me diras-tu, il y a bien une personne à un moment qui a eu cette pensée particulière la première fois ?? Et bien non, mon jeune ami (car ce weekend je tourne à 28 ans, et je n’ai donc plus droit à la carte jeune de la SNCF, et donc je ne suis plus que vieillesse). Car savoir qui a pensé en premier que le gros orteil est tout de même bien relou à ne pas savoir s’il est mieux légèrement au dessus ou légèrement en dessous des autres, ça oblige à se demander 1) si on cherche le premier mec qui a formulé cette pensée ou 2) s’il faut remonter au premier semi primate à avoir agité les doigts de pieds avec une grimace d’inconfort (auquel cas bon courage).

En gros, ça revient à la question de l’œuf ou la poule : les doigts de pieds ont ils été à l’origine de la pensée selon laquelle le gros orteil est bien relou, ou bien est ce la capacité de penser qui a permis de confronter ce bâtard de gros orteil ?

Pour le gros doigt de pied je sais pas, mais pour l’œuf et la poule, la réponse m’a toujours semblée évidente : l’œuf est là depuis bien plus longtemps que la poule. A l’époque où ses arrières arrières arrières ancêtres étaient des reptiles avec pour seul point commun de ne pas voler, ils pondaient DEJA des oeufs. DONC l’œuf est arrivé en premier, FIN de l’histoire !

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Petit bâtard, quand je pense à tout ce que j’ai poussé pour toi

Et conclusion, il n’y a pas eu de première fois qu’une pensée ou une émotion a été ressentie : elles ont toujours existé depuis qu’il y a des êtres vivants, avec des évolutions et variations continues à mesure que la conscience évoluait.

Cela étant, on est quand même d’accord qu’il a fallut attendre l’apparition des orteils pour que la sensation d’inconfort face à l’indécision du positionnement du plus gros vienne à l’esprit de la créature qui les possède.

Où est ce que je veux en venir, avec cette histoire, finalement ?

Et bien, jeune personne, c’est que peu importe ton incertitude devant la puterie de la vie, peu importe la taille du carré d’herbe qu’on t’a coupé sous les pieds et peu importe à quel point tu fantasmes sur les personnages de comics : tu n’es pas seul.

Et c’est toujours réconfortant de s’en rappeler.

#câlin

Bravo pour ton boulot, tu es virée !

  • Bon, je ne vais pas tourner autour du pot : ça ne va pas être possible, on ne va pas continuer ensemble.

On visualise mais on ne ressent pas toujours ce que signifie l’expression « se faire couper l’herbe sous les pieds ». On pourrait également utiliser l’expression « monter les marches et penser qu’il en reste encore une alors qu’on a atteint le palier », mais ce serait trop long. L’avantage cela dit, c’est que tout le monde a déjà expérimenté ça : le vide sous sa semelle, cette sensation de vertige passager, la surprise, la peur, la confusion, le cœur qui manque un battement, avant enfin de retrouver la sensation rassurante et familière du palier solide sous son pieds.

Ben quand on se fait virer, c’est la même chose, à la différence que cette sensation est diluée sur beaucoup plus de temps. Les quelques secondes de trauma deviennent des jours d’hébétude, à se demander : pourquoi n’a-t-on plus voulu de moi ?

Le vrai danger du licenciement quand on travaille dans un secteur qui recrute un minimum, ça n’est pas tant de se retrouver sans ressources que de perdre sa confiance en soi. Replonger dans son soi adolescent à côté de qui personne ne voulait s’asseoir dans le bus, ou qui s’est retrouvé dans la chambre du fond en colo, celle que personne n’avait choisie.

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Boude pas John Bob, c’est juste que t’es nul, c’est pas ta faute

Bon retour à Rejet-Land, le pays où tout le monde te trouve incompétente ! Cela dit ça n’est pas vraiment ce qui m’est arrivé, dans la mesure où la seconde phrase de mon désormais ex-chef fut :

  • Tu as fait un excellent travail, vraiment, et tu es une vraie bosseuse, mais je trouve que tu es trop individualiste.

Ce qui dans sa bouche et au vu des exemples donnés, sonnait curieusement comme « vénale ». Et tu sais ce qui est curieux finalement ? C’est qu’au cours de mes multiples expériences pro, j’ai eu pas moins de 6 chefs différents. Des 6, 2 étaient des radins absolus pour lesquels j’ai dû renoncer à une partie de ma rémunération contre la promesse d’un boulot nouveau et enrichissant. Toujours sur ces 6 chefs, 2 d’entre eux seulement m’ont traitée de femme vénale. Et devine quoi, c’étaient les mêmes ! De là à dire qu’il y a un rapport entre le fait d’être radasse et considérer que les employés sont bien outrecuidants de ne pas se contenter du plaisir de leur compagnie pour toute prime, il n’y a qu’un pet de mouche que je me fais une joie de fournir.

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Et BIM, voilà votre prime imaginaire pour pouvoir manger plein de bouffe imaginaire ! Oh le chanceux !

  • Tu sais, je suis à un moment du développement de ma boîte où j’ai besoin de quelqu’un qui donne plus qu’il ne reçoit.

Ah tiens, ça c’est intéressant ! Je penserai à la sortir à mon conseiller bancaire, celle là, avec un peu de chance ça me permettra de transmuter les billets de 10 en billets de 20. En arriver à un point où il te semble légitime de formuler ce type de requête à un employé qui venait justement de passer trois mois de sa vie à travailler comme une vache laitière pour moins d’argent qu’avant, c’est quand même culotté, il faut l’admettre.

  • En tout cas, je ne garderai que de bons souvenirs de notre collaboration !

Ah, ben ça me fait bien plaisir de l’entendre ! Pareil pour moi, surtout il y a deux minutes quand tu m’as virée, c’était vraiment mon moment préféré. On est à deux auriculaires de s’inviter à bouffer un dimanche sur deux à ce que je vois, ça fait vraiment plaisir.

Conclusion :

On est donc sur la fameuse ficelle de rupture « c’est pas toi, c’est moi », qui, si elle ne fonctionne absolument plus dans le cadre des relations de couple maintenant que tout le monde l’a bien examinée sous toutes ses coutures et décidé que c’était bien du foutage de gueule, a du coup été allègrement reprise dans le contexte professionnel.

Mais je te rassure, c’est toujours bel et bien du foutage de gueule.

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Goldorak approuve ce message

« J’espère que mon fils ne sera pas homo »

L’homophobie est parfois indétectable par la personne qui en fait preuve.

Les médias nous abreuvent d’images violentes, qui définissent l’homophobe comme un skinhead à tendance nazies qui s’amuse à taper à coup de poing sur de paisibles couples de même sexe dans un coin de ruelle.

« Je suis gay, c’est naturel » « Je suis un homophobe aux doigts poilus, ça aussi c’est naturel »

Pour beaucoup de gens, l’homophobe est celui qui insulte, qui agresse des homosexuels inconnus dans des lieux publics. Bien sûr, ces gens là sont effectivement homophobes, en plus d’être des gens violents et déséquilibrés.

Mais sommes nous certains que nous ne nous cachons pas derrière ces gens pour ne pas avoir à reconnaître les problèmes dans nos propres comportements, à nous les gens « normaux », les gens qui sortent dans la rue pour prendre le métro et acheter des Stan Smith, nous les jeunes nourris à la tolérance ethnique (n’avons nous pas été élevés avec Morgan Freeman et Steve Urkle dans nos télés ?), et donc forcément au sommet de ce qui se fait de mieux en matière d’acceptation de l’autre ?

Après tout, la plupart d’entre nous acceptent volontiers que son entourage se déclare d’une orientation sexuelle ou d’une autre. C’est donc bien que nous sommes ouverts d‘esprits et tolérants, non ?

Si on est raciste, on n’accepte pas la proximité d’une personne de couleur, pensent beaucoup de gens. Donc si on accepte cette proximité, logiquement on ne peut pas être raciste, n’est ce pas ? C’est le fameux « j’ai un ami Noir ! ».

Pourtant le fait même de se féliciter « d’accepter » d’avoir des amis de couleur devrait déjà nous mettre la puce à l’oreille. Qu’y a-t-il à accepter ? Sa couleur de peau est simplement une des caractéristiques de cette personne. Personne ne s’est jamais vanté d’être capable d’accepter vos cheveux raides ou vos yeux marrons.

« J’ai un pote, il est impulsif, drôle, un peu prétentieux, toujours généreux, il est grand et tout sec, et il est d’origine asiatique ».

Ca ne devrait rien signifier de plus.

Lui est caucasien, mais ce commentaire d'image est ridicule et me fait rire, donc je le garde.

Pauvre Nick, c’est pas sa faute s’il est moyen.

Le fait de résumer la qualité ou la totalité d’une personne à la seule caractéristique de sa couleur de peau est déjà une forme de discrimination en soit. Déjà parce que personne n’aime être résumé par un détail de son apparence ; d’ailleurs personne ne dit « ah non moi j’ai rien contre les gens qui ont un gros cul, d’ailleurs j’ai une amie bien dotée du postérieur ».

Et surtout parce qu’être résumé à sa couleur de peau, pour les gens qui le subissent, c’est récurrent, ça n’est pas drôle, et ça ne doit pas être amoindri.

N’est ce pas la même chose pour les homosexuels ?

Ne pas éviter/insulter une personne à la sexualité non hétéro, est-ce être tolérant ?

Non, bien sûr.

Même dans mon entourage propre, certaines remarques fusent parfois, depuis l’expression nulle anciennement populaire du type « c’est pas un truc de pédé », impliquant que les homosexuels sont faibles et un peu lâches (c’est un peu le pendant de « c’est pas un truc de gonzesse ») et parfois plus gravement, sur le fait qu’ils espèrent que leurs enfants ne seront pas homosexuels.

Je ne sais pas si tout le monde se rend bien compte de la violence de cette phrase.

« J’espère que mon fils ne sera pas homo » (sous entendu, parce que MON FILS sera un vrai bonhomme)

(Car souvent il s’agit d’un garçon, la fille potentiellement lesbienne ayant l’avantage d’être déjà née dépourvue de toute caractéristique « virile » susceptible d’être mise en jeu dans l’histoire, et qui semble incompatible avec l’idée de se faire un jour pénétrer par un pénis dans sa vie sexuelle)

Cette phrase, je t’épargne le suspens, elle est homophobe. Pourtant ce sont juste des mots, pas des insultes, pas des coups, et dirigés contre aucune personne homosexuelle en particulier.

Mais la définition de l’homophobie, ça n’est pas la persécution des homosexuels. Être homophobe, ça commence par penser que l’homosexualité est une tare. Ni plus, ni moins.

Et c’est exactement ce que cette phrase veut dire.

« J’espère que mon fils ne sera pas homo », ça signifie que s’il l’est, il aura déçu ses parents. Simplement parce qu’il sera né comme il est, blond, têtu et homosexuel, il aura une tare. Désolé mon chéri, tu as tiré le mauvais ticket de loterie (car on ne choisit pas son orientation sexuelle évidemment) (sinon personne ne choisirait d’être autre chose qu’hétérosexuel, pourquoi se compliquer la vie).

Bien sûr, cela fait aussi écho à une autre mauvaise conception de la parentalité, qui est que l’enfant est un écho, un prolongement de soi même, sur lequel nous pouvons parfaitement projeter nos propres espoirs et nos attentes. Les parents qui disent « j’espère que mon fils ne sera pas homo » sont souvent offensés quand on ose suggérer que cela pourrait être le cas. Et le fait qu’ils se sentent personnellement attaqués quand il s’agit d’un commentaire sur une potentielle caractéristique non choisie, au même titre que la couleur des yeux ou le caractère, non pas d’eux mêmes mais de leur enfant, ça montre bien d’une part qu’il s’agit pour eux d’une insulte, mais également d’autre part qu’une certaine partie d’eux mêmes se sent diminuée personnellement par ces insinuations, comme si l’opprobre rejaillissait au final sur eux, les « concepteurs » de l’enfant. Où ont-ils failli ? Comment ont-ils pu à ce point rater leur coup ?

Autant de questionnements nuisibles à l’enfant.

Mais ces parents se demandent-ils vraiment quelles sont les conséquences de cette simple phrase, « J’espère que mon fils ne sera pas homo », parfois prononcée devant l’enfant ? Que se passera-t-il s’il s’avère être d’une orientation sexuelle non validée par ses parents ?

Un photographe poste régulièrement sur sa page Facebook « Humans of New York » des photos de gens dans la rue, accompagnée d’un petit texte relatant leur histoire, souvent pleine d’émotions et d’espoirs. Une fois, je suis tombée sur celle d’un petit garçon d’environ une dizaine d’année, assis sur des escaliers en extérieur. Il pleurait. Dans le texte de description, le photographe rapportait les propos de l’enfant : « je pleure parce que j’aime les garçons, et j’ai peur qu’on ne m’aime plus ».

Ce genre de propos, c’est d’une telle violence… Les commentaires se sont multipliés, tous incroyablement touchés et affectueux envers la peur et le chagrin qui se lisait dans les yeux de ce garçon. Mention spéciale à Hillary Clinton, qui a adressé un message d’espoir à l’enfant.

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« Prédiction d’une adulte : ton futur sera fantastique. Tu te surprendras toi même par ce dont tu seras capable et les choses incroyables que tu feras. Trouve les gens qui t’aiment et croient en toi – ils seront nombreux – H » « Merci pour ça, Mme Clinton »

Dire à son enfant qu’il ne sera pas admis qu’il soit homosexuel, c’est lui envoyer le message que l’amour qu’on lui porte est soumis à conditions.

Et s’il s’avère qu’il aime les garçons ? Aura-t-il alors des rapports sains et ouverts avec ses parents, supposés être ses piliers dans la vie ? Pourra-t-il s’ouvrir à eux de ses craintes et des épreuves que la société lui fera probablement subir en raison d’une orientation sexuelle qu’il n’a pas choisie, et obtenir le soutien dont il aura besoin ?

Non, bien sûr.

Un enfant ne se risquerait pas à perdre l’amour de ses parents.

Mais il y a également une autre conséquence à tenir à son fils ce genre de propos : car s’il grandit hétérosexuel, dans l’approbation parentale la plus totale, après avoir entendu toute son enfance qu’il est heureux qu’il n’ait pas pris un autre chemin dans sa vie intime, quelles seront ses pensées d’adulte ?

Une fois qu’on a été nourrit pendant son enfance avec la certitude que certaines orientations sexuelles valent moins que d’autres, peut-on devenir un modèle de tolérance ?

Il est malheureusement plus probable que ce garçon reproduira dans sa vie d’adulte exactement le comportement et les phrases qu’il a entendues toute son enfance.

Et que le jour où il s’apprêtera à être papa, il dise :

« J’espère que mon fils ne sera pas homo ».

 

L’EVJF de Carotte, 9 belles gosses au pays des tapas.

Si je dis « le plus beau jour de ta vie », tu me réponds ?

Le jour où j’ai obtenu mon permis de conduire après 3 ans, 3000 euros et 3 codes ?

Ouiii, mais ça c’est vraiment juste pour moi.

OK, toi réponds plutôt. Alors, le plus beau jour de ta vie ?

MAIS NON, pas ton mariage, ni le jour où tu as enfin trouvé la robe de tes rêves en soldes à 50 % (fait gaffe à internet, c’est comme ça qu’aujourd’hui je me suis retrouvée à ENFIN pouvoir trainer mon cul à la Poste, rentrer avec mon précieux chargement, tout ça pour finalement me retrouver avec une robe qui gratte, qui me comprime la poitrine et qui me fait le cul carré) (OUI, CARRE) (cf ci-dessous).

CUL CARRE

BREF, tout ça pour dire, le plus beau jour de ta vie, c’est pas ton mariage, c’est ton EVJF.

Pour les vieux au fond, c’est l’enterrement de vie de jeune fille.

Of course ! Comment n’y avais tu pas pensé avant !!

Non je dis ça comme ça, rien à voire avec le fait que le week end dernier on a fait l’EVJF de Carotte, qui se marie avec Bougie en ce béni mois d’octobre.

Bon octobre en Nordie de la France (car tout ce qui est au dessus de Lyon est la Nordie) c’est risqué en termes de climat, du coup pour l’EVJF on n’a pas pris de risque, on est allées au meilleur endroit, certifié 100% exotisme, bonne bouffe, plage et fièvre de la night : Barcelone. Eh ouais on se mouche pas avec les doigts ici.

Barcelona BAYBAY

Ca a commencé soft : Tilde et Lène travaillant au même endroit que Carotte, elles étaient chargées de l’embarquer par surprise depuis son bureau, avec la complicité de la coloc de bureau de Carotte. Elles avaient tout prévu. Tout, sauf que la meuf de la crèche dise à Carotte le matin même « ah oui, je crois que ce soir c’est une copine à vous qui vient chercher le mini-vous » (ou quelque chose du genre), et Carotte qui est finaude s’est dit « aHA ! ». Et a du coup décidé d’être chiante (apparemment et selon ses dires, c’était logique comme raisonnement). Résultat, elle a réussi à faire croire qu’elle s’était barrée du boulot en avance, et quand Tilde et Lène, en panique, ont débarqué dans son bureau, il était vide. Je te passe les péripéties, mais ça a fini qu’il a fallut la dénicher sous un bureau vide avoisinant et l’en déloger au pied de biche.

Ah ça bosse dur !

Au final on a pris la navette pour aller à Beauvais, en plaisantant que c’était pas à l’aéroport qu’on allait mais bien à Beauvais, meilleur endroit pour un EVJF. Entre nous, on a bien failli le faire là pour de vrai tellement Carotte était au bord de nous planter le timing d’avion avec ses histoires de planquage sous bureau.

Au passage, si on était pas au courant que Barcelone est LA destination d’EVJF, dès l’aéroport y avait plus de doutes : un gang de meufs EXCLUSIVEMENT brunes-à-cheveux-bouclés (peut-être un secte ?) trainait une nana de même facture avec un masque sur les yeux, et lui gueulaient dans les pavillons à la moindre annonce d’aéroport pour garder la surprise de la destination jusqu’au bout. Ca aurait pu marcher si Delune n’était pas passée en toute désinvolture à côté de la meuf en disant « Ca va être trop de la boule, Barcelone ! ».

Enfin bon, quand les meufs on débandé les yeux de la future mariée en gueulant BARCELOOOONE elle a quand même fait semblant d’être surprise. Elle était sympa.

Nous pendant ce temps on faisait gentiment la queue avec Carotte qui avait les yeux libres et les oreilles qui sifflaient pas, en toute maturité avec nos cheveux aléatoires de couleur et de boucle.

En passant, merci Ryan Air pour la livraison des bagages #poucesenl'air

En passant, merci Ryan Air pour la livraison des bagages #poucesenl’air

Bref le temps de déloger Carotte de la moquette sous le bureau, de faire la navette vers Beauvais, de se casser le cou dans l’avion avec ses sièges low cost et de prendre des taxis pour rejoindre notre pied à terre, on n’a posé nos valises dans l’appart que vers 1h du mat. On y ajoute 45 minutes de la proprio avec sa coupe de Mac Gyver version cheveux aussi raides que des spaghettis crus (les espagnols ne sont pas réputés pour leurs goûts capillaires), histoire de nous montrer où fuit le robinet, comment ouvrir la boîte à fusibles (=avec la porte), les verres à pieds versus les verres sans pieds et autres trucs super intéressants.

Heureusement qu’elle était là pour nous indiquer l’endroit où trouver des bars en terrasse pas loin, haha… Sauf que quand on y est allées, on a juste trouvé des cafés resto en train de remballer les tables d’extérieur, avec no music, no ambiance, bref la mort du fun. Par contre y avait un distributeur ultime de la NASA un truc de maboule.

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On a terminé dans le bar à côté de chez nous, qui était drôlement sympa en fait. Je pense que les mecs étaient désespérés de voir 9 gonzesses rentrer à 2h du mat alors qu’ils fermaient à 3h, mais bon les affaires sont les affaires. En plus on a mis l’ambiance, on avait un super jeu à boire pour Carotte à base de questions auxquelles Bougie avait répondu et elle devait boire si elle trouvait pas, et faire boire quelqu’une si elle trouvait. Un genre de Les Zamours alcoolique. Bien sûr elle aurait eu une chance de très peu boire si Bougie n’avait pas répondu que des trucs absurdes du genre que son animal préféré c’était l’éléphant (alors qu’en fait il paraît que c’est le pingouin, je te demande un peu), ou que ce qu’il n’aimait pas manger c’était des bites. Ah quoique celle là elle l’avait devinée.

A un shot la question et sachant qu’on avait droit à des verres à shot grand format avec quasi de la vodka pure dedans, on a fini bien éméchées, surtout Carotte.

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Le lendemain on s’est levées à l’aube, vers 12h du mat’, l’œil vitreux et le cheveu terne. Le plan était simple : aller à la plage en métro telles les autochtones, puis de se trouver à bouffer sur place. Voilà. Simple, concis. C’aurait pu se passer agréablement, si on s’était pas fadées la route à 40 degrés le long du chemin de fer sur 500 mètres au lieu de simplement longer le rivage. La bonne nouvelle c’est qu’au bout du chemin il y avait un beau resto avec du homard dedans #autop.

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Y avait aussi une meuf sur la plage qui a proposé de masser Carotte pour 5 euros, bien sûr on a sauté sur l’occaz, et j’avoue qu’au vu du tremblement massif de fessier qu’elle a provoqué grâce à des efforts massants localisés, ç’aurait été vraiment dommage de se passer de ses services.

A l’aise.

Bon maintenant si je te dis vélo tu me dis ? Non pas Tour de France, on s’en bat les c’ du Tour de France. Bon et si je te dis bière ? Oui, vélo, bière, ça t’évoque quoi ? Quelque chose d’antinomique ? Un truc con ?

ET BIEN non ça n’est pas antinomique et oui c’est très con, puisque notre activité de début de soirée a été le Bierbike, c’est à dire en français le Bièrevélo (tu vois je t’avais pas induit en erreur avec mes indices).

Mais qu’est ce que le Bièrevélo, me demanderas-tu ? Et bien c’est très simple : imagine 10 personnes assises face à face autour d’une table rectangulaire, 5 d’un côté et 5 de l’autre. Imagine maintenant qu’à la place de la table il y a un comptoir en U avec à l’intérieur un mec avec un volant, qu’à la place des chaises il y a des selles et des pédales, et que le tout est sur roues actionnées par l’ensemble des pédales des 10 personnes ?

Tu l’as ?

Non ?

Bon, je suis bonne princesse je te mets une photo.

On pédale et on boit !! Trop contents !!

AH ! Pas mal hein ? Une activité saine et complètement absurde, c’était parfait. Sauf que normalement l’intérêt du Bièrevélo c’est de se balader en ville en même temps de boire, histoire de profiter du paysage. C’est pourquoi on a été un peu surprises quand le mec que nous attendions au centre ville de Barcelone est venu non pas avec la machine attendue, mais avec deux voitures normales pour nous transférer sur les lieux de l’activité. Lieu qui s’est avéré être un parking coincé entre la mer et une usine, et qui n’était certainement pas dans Barcelone. Genre l’activité complètement illégale, surtout que le paiement était exigé en liquide, donc à mon avis on était en plein trafic de Bièrevélo non autorisé avec dessous de table au gardien de parking d’usine.

Au début on a un peu pris peur parce que les gros anglais qui occupaient la machine avant nous nous ont laissé la place tout suants en nous mettant en garde « Careful, ça va very vite » (je traduits pour que tu comprennes), et effectivement ils avaient l’air au bout de leur vie. Or, comme nous avions prévu de ne plus retourner à l’appart de la soirée, nous étions toute pomponnées avec nos robes de soirée et l’ombre à paupières bien posée. On s’apprêtait donc à suer sang et eau au rythme effréné de la machine, mais la réalité fut toute autre. Car si nous avons bien sué sang et eau et gâché tout mascara non waterproof, c’était pour faire du 5cm à l’heure, tellement on allait nulle part, chargées comme on l’était de 14 mollets plus ou moins tout mous dont les miens, et de 4 autres inutiles puisqu’appartenant à des femmes enceintes. Sans compter le gras de fesses qui allait avec.

Le mec au volant sérieusement il avait le temps de se passer toute la discographie de Maitre Gims (ce qui n’est pas peu dire, vu que l’homme colonise les ondes tel l’acné sur une tronche d’ado) rien que le temps qu’on arrive à un endroit nécessitant une action de sa part. 9 meufs en tenue de soirée en train de se vider de leur eau pour trainer une machine moche autour d’un parking à la vitesse d’une limace anémique, le tout ponctué de jeux à boire à base de sangria et de bière, c’est sûr que ça valait le détour.

Surtout que le mec qui nous avait amenées à l’aller et censé nous ramener au retour se torchait allègrement à lui tout seul une bouteille de bière d’1,5 litres, comme ça direct au goulot, comme un bonhomme. Un bonhomme qui voulait notre MORT. Petit coup de flip pendant le trajet de retour.

Notre chauffeur barcelonais, vue d’artiste.

L’avantage quand même de sortir entre nanas avec un minimum de classe en termes de dresscode (parce qu’à part ça y avait pas tellement de classe dans le discours), c’est quand même quand tu arrives devant les boîtes en front de mer, avec 200 mètres de queue devant chacune, et qu’un rabatteur arrive et te fasse rentrer en VIP. Genre à peine arrivées on a niqué toute la queue comme ça : BIM, direct dedans, comme un pénis dans un film porno. Ah, ça je t’avais dit qu’on n’était pas classes.

Danse, verres (de coca pour celles qui avaient l’utérus occupé), danse, verres… on a fini devant la boîte côté mer, histoire que Delune et Carotte se remettent du choc générationnel qu’elles venaient de subir lorsque deux allemands leur ont demandé avec l’œil coquin quel âge elles avaient. Flairant le choc, Delune a demandé au germain de lui dire quel âge il pensait qu’elle avait. « Bah, 18-20 », a répondu le teuton. Ouais, presque, « 29 », a rectifié Delune. Le mec avait tellement les yeux qui lui sortaient du crâne qu’elles ont failli marcher dessus. Bref, ils avaient 19 ans, et ils ont passé leur chemin.

Quelle meilleure fin de soirée que cette vision de la mer, à discuter de la vie, de l’avenir, des couches… Des couches ? Et oui, quand la moitié des meufs sont maman ou vont l’être, le visage des fins de soirée change légèrement. On passe du vomi aux partages d’expériences parentales.

Mais entre nous, comme fin de soirée j’ai toujours été plus front de mer que front sur la cuvette, comme meuf.

Le lendemain on partait tôt pour le retour à Paris, mais on a frôlé la rallonge de séjour surprise, dans la mesure où pour une raison inconnue, une minute on était larges on s’achetait du manger à la boulangerie du coin, et la suivante le navette partait dans 10 minutes et on devait courir comme Florent Pagny devant un coiffeur.

Je te dis pas la gueule des meufs une fois arrivées, par chance, dans la navette : de vieilles flaques avec l’œil vitreux de la soirée de la veille, autant te dire qu’on n’a fait que pioncer.

Et tu sais quoi ? Ben franchement ce serait à refaire je le referais tout pareil.

Sauf que cette fois je penserais à prendre ma brosse à dents, peut-être.

C’est toujours plus confo.

Longue vie à Carotte et Bougie !

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La journée du caca

PUTAIN D’ENCULES DE BORDEL DE MAYRDE DE SA RACE DU CUUUUL

NON elle a pas dit CA.

Voilà, ça c’est une intro qui pète.

Mayrde.

Parce qu’aujourd’hui est une journée en forme de caca. Dans la mesure où je fais partie d’une population de privilégiés parmi les privilégiés, puisque je suis habitante d’un pays riche avec un revenu confortable, je suis bien consciente que ma version de la journée de mayrde est celle d’une journée chouette au pays des babas au cacolac pour une autre personne moins favorisée par le destin que moi.

Cependant, et dans la mesure où je suis malgré tout plongée dans le désarroi profond de la personne qui explore les tréfonds de son mental vacillant, je me permets quand même de me plaindre, l’occasion faisant le larron, et internet étant par définition une occasion permanente pour larronner.

Alors oui, cette nuit M. Akov a quitté prématurément les bras de Morphée, soufflant ainsi mon sommeil léger qui s’est envolé pour ne jamais retomber, et ce malgré la lourdeur de mes paupières collées par les cacas d’yeux du matin (dommage, cette phrase partait bien tout en poésie et images et tout, et puis pof). Oui, ce matin il y avait Spiderman à la place d’Iron Man sur France 4 et ça m’a saoulée. Oui, il fait 15 degrés à Paris, on se pèle le jonc et j’ai dû mettre des collants. OUI, les collants se sont avérés filés. Jusque-là ça allait encore.

Mais après je suis allée au travail, et là y avait des gens du siège, et il fallait leur parler ANGLAIS. Alors je sais parler anglais, hein, je suis totally bilingue, motherfucker tout ça. Mais pas LA, ce matin précis, alors que j’avais plus de soleil, plus de dignité de collants, plus de champ de vision pour cause de paupières collées aux cacas d’yeux, et plus d’Iron Man du matin. Non. Nein. No. Du coup j’ai parlé avec un gros accent français nul, ça leur a fait les pieds.

Pour me consoler je suis allée aux toilettes en quête de tranquillité, avec mon bouquin planqué dans ma jupe, sous mon pull (=> pull parce que 15 degrés) (tout concorde). Bien sûr cette technique de coinçage de livre ne fonctionne pas avec les ouvrages du genre Intégrale du Seigneur des Anneaux, Code Pénal, tablette gravée des 10 commandements, tout ça. A moins que ta jupe ne soit vraiment trop grande. Bref, j’étais partie pour une pause détente, mais le truc c’est que mon open space donne peu ou prou sur la porte des toilettes, si bien que je voulais pas non plus y rester des plombes si c’est pour qu’après tout un chacun me demande des nouvelles de mon transit. Surtout si c’était l’anglais, parce que je sais pas dire « c’est une journée en forme de caca alors fait pas chier ». This is a poop-shaped day so fuck off? Mwais ça aurait pu passer. BON, après, dans la mesure où je suis encore en période d’essai, ça me parait pas être l’idée du siècle, mais EN MÊME TEMPS ya un moment faut arrêter de me chier dans les bottes. Flûte de pan.

Qu’est-ce que je disais, déjà ?

Ah oui, j’ai lu aux toilettes, donc, mais pas trop longtemps pour pas passer pour la meuf de 2girls1cup (si tu n’as pas vu cette vidéo à l’époque de son buzz, c’est-à-dire vers 2008, NE LA CHERCHE PAS) (je t’aurai prévenu) (en gros il s’agit de nanas bonnasses qui mangent leur caca mou, désolée pour le spoiler mon ptit poulet).

Je me perds moi-même dans ma diarrhée verbale (<= encore une histoire de caca, spavré).

Au final une fois la journée de dur boulot finie j’ai décidé de renaitre dans une nouvelle peau de meuf dynamique et saine du moral (et des entrailles, on espère), du coup je suis allée chez le coiffeur et elle m’a dit « Bon, on rafraichit le carré alors » et j’ai dit « …Ca m’irait plus court ? », et là elle a hurlé « KEUAA mais BIEN SÛR vous seriez, mais, mais trop PARFAITE avec les cheveux courts, genre à la garçonne avec un peu plus long au-dessus, mais ça c’est SÛR avec vos cheveux souples et tout… Quand vous vous sentirez prête, vous reviendrez et on fera ça », et j’ai dit « Ben… Tant que je suis là, allez-y » et elle a écarquillé tous ses orifices de visage en disant « MAINTENANT ? Sérieusement ? » genre je lui faisais le plus beau cadeau de sa vie.

Et ainsi fut-il.

J’ai donc maintenant la coupe trop classe de Ginnifer Goodwin, qui joue Blanche Neige dans Once Upon a Time, sauf que sous la coupe ya ma tête à moi du coup.

La. Classe.

Et ouais, toi-même tu sais que t’es trop jaloux(se) (avec les coupes courtes on peut attiser la jalousie de tous les sexes) (tu me diras vu la tronche de Jared Leto, avec les longs aussi).

L’homme perruque. Et possiblement en cosplay de Claude François.

Du coup finalement, bon on verra avec les épis du matin, mais globalement je suis HYPER contente <3

Finalement il finit bien cet article.

C’est louche.  J’aime les blagues de qualité.