1 an plus tard, welcome to Sri Lanka baby

Wow, wow, wow.

Une année d’absence déjà. A l’époque submergée par mes activités multiples, j’avais décidé de faire une pause dans la rédaction de ce blog, mais le temps qui me paraissait plus long que le nez d’Adam Brody s’est finalement révélé passer à la vitesse d’engloutissement d’un cheesecake par ma personne.

Qu’est-ce qu’il s’est passé depuis tout ce temps ? Oh presque rien. Un changement de boulot, des projets de rédaction plein la tête, une housse de coussin pour mon canapé (pour l’instant plutôt réussie, mais ne vendons pas la couenne du cheval avant de l’avoir monté : il me reste encore à poser ma première fermeture éclair dessus pour la fermer, donc le passage dans la rubrique DDIY n’est pas encore exclu), des vacances en Croatie sur un catamaran, en Hollande, en Martinique et au Sri Lanka.

Décidément, quelle vie de mayrde, ça donne envie de pleurer.

Hm ? Ah oui, le Sri Lanka. C’était ma première expédition en sac à dos, et ma première en Asie, alors c’est te dire le niveau d’anxiété pré vacances. Bon en réalité j’étais déjà techniquement allée en Asie, puisque notre voyage d’étude de dernière année nous avait menés 1 semaine à Hong Kong. Mais peut-on sérieusement considérer Hong Kong, mégalopole fourrée aux buildings vitrifiés et aux rues plus propres que ma cabine de douche comme une ville d’Asie, sous prétexte qu’elle est peuplée de chinois ? JE NE PENSE PAS.

La Chine et le New York chinois

Bref, ma première fois en Asie. Et ma première fois en sac à dos, car je ne compte que les moments où mon sac à dos était assez lourd pour faire basculer ma personne sur l’arrière train (ce qui pourrait correspondre à pas mal de mes années collège/lycée), ET où il a contenu au moins 3 culottes de rechange (pour le voyage qui nous intéresse en l’occurrence et dans la mesure où je suis partie 2 semaines, j’ai cependant pris la liberté d’en emmener un peu plus).

Alors le Sri Lanka, quoi où comment ? Et bien c’est une grosse île plantée dans l’océan Indien, ancienne Ceylan : tu vois l’Inde ? Tu vois le petit bout du sud de l’Inde ? Ben voilà, c’est juste en dessous. Tout juste sortie d’un tsunami ET de plusieurs années de guerre civile principalement motivées par (attention originalité) : la religion, puisque musulmans et bouddhistes y cohabitent, on constate donc que c’est globalement un pays qui jusque-là a eu singulièrement la chkoumoune. Voilà, c’était la fin de l’intermède culturel de ce blog. Faudrait quand même voir à ce que personne n’y vienne pour apprendre quelque chose, ça ferait mauvais genre.

ICI, LAAAAA ICI, LAAAAA

A quoi m’attendais-je en allant au Sri Lanka ?

  1. A bouffer épicé à en pleurer des larmes de sang (c’est moins réaliste mais plus poétique que de parler de l’état du transit intestinal)
  2. A voir des paysages de foufou
  3. A profiter d’un massage ayurvédique de qualité, spécialité du coin
  4. A prendre des bus pourris et marcher sur des routes défoncées
  5. A bronzer sur de belles plages encore à moitié sauvages
  6. A visiter des temples inspirants et grandioses

Passons tout de suite en revue ces différents points :

1. Bouffer épicé de la mort

Effectivement, j’ai eu des gouttes au nez pour cause de riz au curry qui pique pendant le voyage, mais je pense que ce qui a surtout pris cher, c’est mon taux de cholestérol. En effet, au-delà du curry, le Sri Lankais kiffe tout ce qui ressemble à un truc frit. Riz frit, rötti (sorte de pain plat) frit, légumes frit, œufs frits, riz frit aux légumes frits, riz frit au poulet frit et légumes frits, et même du rötti frit avec du riz frit, du poulet frit et des légumes frits (ça s’appelle un khottu), bref tu as compris le truc.

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Le Khottu, Mesdames et Messieurs. Gras et bon.

A noter qu’il ne faudra pas t’attendre, si tu vas au Sri Lanka, à avoir tes plats dans l’heure. Nul ne sait si le serveur Sri Lankais est sur un autre fuseau horaire ou s’il est en compétition avec le serveur parisien, mais il réussit à être à la fois désagréable et inefficace. Perso, j’ai déjà attendu 1h30 pour des spaghettis au ketchup, et il n’est pas rare de poireauter une bonne demi heure pour avoir une bouteille d’eau, alors qu’il fait mille degrés et que tu la voiiiis, elle est LA, JUSTE LAAA DANS LE FRIGO TRANSPARENT A 1 METRE PUTAIIIN.

Bref.

Heureusement qu’en plus de bouffer on a aussi fait un peu de sport, sinon on aurait été obligées de réserver 2 places chacune dans l’avion du retour. Ah oui, « nous » c’est Kékette, Zozo et moi (qui les ai rejointes après qu’elles aient déjà passé 1 semaine sur place) : cette année c’était voyage filles, tandis que M. Akov restait en terre parisienne, histoire de méditer sur le caractère précieux et irremplaçable de ma présence au quotidien.

2. Les paysages de foufou

Ça en termes de paysages on a bien été servies : des montagnes recouvertes de verdoyantes plantations de thé jusqu’aux plages superbes en passant par des plaines séchées par le soleil, pour le coup on est vraiment dans le modèle de TropbeauLand (le pays du Trop Beau en français) (oui je suis bilingue).

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D’autant plus beau que parfois on l’avait méga mérité. Je prends pour exemple la rando d’Ella Rock, décrite dans les guides comme « de difficulté moyenne », précisant qu’il « valait mieux prendre un guide, car le chemin n’est pas toujours facile à trouver ». C’est donc tout naturellement qu’armées de notre sens de l’orientation en carton et de l’orteil cassé de Kékette (car elle s’était faite fort à propos piétiner par une pote entalonnée avant le départ) (puis à nouveau par ma personne environ 10 minutes après mon arrivée), nous sommes parties TOTALEMENT ACAPELLA, sans guide, sans GPS et sans chien pisteur. Et ce qui devait arriver arriva. Ou plutôt on a failli ne pas arriver, vu qu’on s’est paumées comme des connasses. Heureusement, nous fîmes la rencontre en chemin de 2 étudiants allemands en trip de vacances scolaires (aaah, le doux temps où j’avais 3 mois de vacances…), ce qui nous permit de nous paumer à 5 plutôt qu’à 3. Dans l’ensemble c’est quand même plus rassurant.

On faisait tellement pitié aux locaux, à nous voir tourner en rond comme un pauvre étudiant aux guichets du CROUS, que l’un d’entre eux, un petit vieux méga vif, nous a même accompagnés le temps de nous faire rejoindre le chemin. Au passage, il a cru drôle de nous désigner un vieux caillou d’un air désinvolte en l’appelant « cobra’s home ». Or, Zozo étant phobique des serpents (et des micro pénis, mais ça c’est une autre histoire), ç’a été toute une histoire avant qu’elle cesse de pleurer, trembler, crier qu’elle voulait rentrer, et menacer le vieux bonhomme de lui casser sa grosse gueule de con (je cite). Finalement armée d’un bâton, autant pour le vieux au cas où il récidiverait que pour les éventuels serpents (« On sait jamais ! »), Zozo accepta de reprendre la route.

Ce qu’il faut savoir à propos de ma personne, c’est que je suis une très grande sportive. En effet, je fais 1m74, ce qui est grand, et en termes de sport, et bien euh. Ha. Et ben je fais plein de choses, commeuuh.. Et ben par exemple… Hm. Ben non en fait j’en fais pas. Ceci explique la suite des événements, que l’on pourrait qualifier de ridicules. Alors je tiens quand même à préciser en préambule qu’il faisait ultra chaud et qu’on suait comme des camemberts laissés en plein soleil sur la banquette arrière à Marrakech en plein mois d’août = on ressemblait à des grosses flaques en short. Autre précision, toute la balade était en pente, puisque le principe du truc était de monter au SOMMET d’une montagnette (c’est une petite montagne) (mais si), mais les 20 dernières minutes étaient tellement pentues qu’on en était presqu’à devoir s’encorder (ok j’exagère très légèrement). Décidée à y arriver mais à mon rythme, j’avançais à la vitesse d’un téléchargement sur eMule en 2003 (= pas vite), me cramponnant à tout arbre se dressant sur mon chemin avant de m’essuyer le front avec la même main, ce qui me donna rapidement un superbe look terreux qui n’était pas sans rappeler une belle flaque de gadoue. Kékette profitait de mon allure d’escargot nain pour ménager son orteil cassé, pas vraiment à son aise dans sa basket, et Zozo tâtait bien le terrain avec son bâton, tandis que les allemands avaient décidé qu’ils préféraient nous attendre au sommet que contempler une telle débandade en avant. Et puis soudain, une sensation atroce de poids sur la poitrine, comme si un de mes poumons s’était barré en faisant un gros fuck, tandis que l’autre aurait décidé de diminuer de taille de moitié. Bref, crise d’asthme. Sauf que je suis pas asthmatique.

FLASHBACK

J’ai environ 11 ans, et j’ai régulièrement du mal à retrouver mon souffle en athlétisme à l’école. Inquiète et pensant bien sûr à l’asthme, ma mère m’emmène chez le docteur. Ce dernier me fait courir un moment sur un tapis, attends que je souffle comme une semi trépanée, m’écoute un moment au stéthoscope, puis se marre. OUI, il se MARRE.

  • Qu’est-ce qu’il se passe, Docteur ? Demande ma mère, inquiète.
  • AH ! Répond le Docteur, votre fille ne fait pas d’asthme, juste des crises d’essoufflement !
  • Et qu’est-ce que ça signifie ? s’enquiert ma mère.
  • Et bien qu’il faut faire plus de sport, jeune fille ! (rires)

Merci la médecine, 23 euros et au revoir !

FIN DU FLASHBACK

Bien bien bien, donc en fait ces crises ne s’étaient encore jamais remanifestées, mais apparemment je ne suis toujours pas devenu une athlète (au cas où j’en douterais). Pour rassurer mes copines, je les informai entre deux inspirations sifflantes que c’était rien, que ça allait revenir, pendant que Zozo me filait une lingette pour que je nettoie ma tronche boueuse et que Kékette me donnait la bouteille d’eau pour me requinquer, tout en hurlant « ABANDONNE PAS, FAUT QUE T’ARRIVES AU BOUT, TU VAS LE REGRETTER TOUTE TA VIE SI TU ABANDONNES MAINTENANT !! ». Je voulais lui dire que j’avais certainement pas piétiné toute la matinée sur des cailloux en pleine fournaise et ce au péril de ma couenne pour abandonner à 10 minutes de l’objectif, mais bon finalement j’ai préféré me concentrer sur la récupération de mon double volume pulmonaire.

Et une fois en haut, les amis !! EN HAUT, c’était BEAU !! AH ça valait le coup, les fausses routes, les faux serpents, et les fausses crises d’asthme.

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Un autre truc beau en passant, c’était le train pour aller à Ella : à flanc de montagnes, assises dans la porte avec les jambes ballantes, CA c’était TOP.

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 3. Profiter d’un massage ayurvédique de qualité, spécialité du coin

Hahaha, que tu es loin de la vérité.

En effet, suite à notre rando de l’extrême (qui s’est en plus terminée sous une pluie torrentielle), nous avions besoin de réconfort. C’est là que nous nous sommes tournées vers la compétence historique du coin : le massage ayurvédique. Ne me demande pas ce que ça veut dire, en ce qui me concerne je risque de donner des adjectifs peu reluisants pour le qualifier. Que je te raconte.

Après avoir négocié un tarif à la baisse (Jésus qu’on a bien fait), le petit homme qui tenait la caisse nous invite à nous diriger vers le fond, nous informant que nous aurons 2 masseuses et 1 masseur. Zozo se dévoue et prend le masseur homme, tandis qu’avec Kékette nous entrons dans une petite pièce sombre, délimitée par des pans de tissu et meublée d’une étagère et de deux tables de massage. Les nanas commencent par nous demander de nous mettre en culotte, puis nous font asseoir sur des petits tabourets pour un massage de crâne. Tu sais, j’adore les massages de crâne. J’en réclame souvent au pauvre M. Akov, d’ailleurs, qui se sent obligé de s’exécuter 17 secondes avant que son esprit ne soit absorbé par autre chose, généralement la télé, et qu’en conséquence sa main se fige comme mon aspirateur automatique quand il n’a plus de batterie. RAH.

Bref, les massages de crâne, j’adore ça. Mais là quand la meuf a commencé à m’enfoncer les ongles dans le cuir chevelu et à frotter comme pour décoller un vieux résidu de purée d’une casserole séchée, le tout arrosé d’une huile qui ressemblait singulièrement à de la vieille arachide périmée, j’avoue que j’ai un peu révisé mon enthousiasme originel. Avec Kékette, qui subissait le même traitement simultanément, nous nous sommes regardées juste après. On ressemblait à deux boulettes de poil gras avec des meufs collées en dessous.

Deuxième étape : les masseuses nous ont fait signe de nous allonger sur les tables. J’avoue que ç’aurait été plus agréable si lesdites tables n’avaient pas été graisseuses, encore toutes enduites de l’huile dégueu du précédent client. Dégoûtée, je me suis allongée, toujours en culotte, les cheveux dans le même état que mes écouteurs après 5 minutes passées au fond de mon sac, le gras en plus, attendant la suite avec une certaine appréhension. J’avoue ne pas avoir été déçue. Devant, derrière, l’intégralité de mon corps est passé à la moulinette selon un schéma assez précis : d’abord pétrir le membre en frottant rapidement et fort, comme pour allumer un feu avec mon gras, puis le découper du tranchant de la main, et enfin BAM une bonne grosse tape, comme un point final (« ça, c’est fait, passons au prochain morceau »). Le tout évidemment avec l’huile qui pue. Mais je pense que le meilleur moment reste lorsqu’elle s’est mise à me pétrir les seins allègrement et sans faire aucune différence vis-à-vis de mes autres membres. Visiblement, la poitrine n’est pas considérée comme une zone intime au Sri Lanka. Grosse gène, cependant relativisée par la pensée que Zozo subissait la même chose dans la pièce à côté, de la part d’un homme. Selon ses propres dires, elle a un moment flippé de ne sentir plus qu’une seule main sur elle (« Mais qu’est-ce qu’il fait avec l’autre ?? »), jusqu’à ce qu’elle tourne la tête et constate que l’homme envoyait des sms. Bravo le veau, joli professionnalisme.

Pour ne rien gâcher, il se trouve que Kékette est extrêmement chatouilleuse, ce qui fait d’elle la plus redoutée de toutes les clientes dans les salons de massage du globe. Pourtant on ne pouvait pas dire que le toucher de nos masseuses était délicat, mais malgré ça elle pouffait tout du long, que la meuf lui tape le ventre, la cuisse ou le coude. Sérieusement, on sentait le désespoir de la masseuse qui essayait vainement de la toucher sans déclencher des pouffements hystériques (oui, on a bien rigolé).

A la fin, elles nous ont frottées sans conviction à l’aide de 2 serviettes crasseuses, probablement avec l’idée de nous enlever le surplus d’huile. Perso, même après avoir redemandé la serviette pour m’essuyer moi-même, j’étais toujours à rouler dans la panure.

C’est donc ainsi que nous sommes sorties de notre premier (et dernier) massage ayurvédique, marchant en canard et les bras tendus dans l’espoir de ne pas toucher nos vêtements, la face luisante et le cheveu gras collé au front.

4. Prendre des bus pourris et marcher sur des routes défoncées

Alors effectivement les bus étaient pourris et les routes défoncées, mais OSEF (= on s’en fout en langage de jeune des années 2010), vu qu’en grosses bourgeoises d’occidentales, on avait un chauffeur. Et ouais. 35 US $ la journée pour un gain de temps inestimable. Bon par contre le nôtre était sympa mais il nous amenait que dans des machins en forme de pièges à touristes, du coup on a vite arrêté de lui laisser la bride sur le coup, au risque de voir plus de chinois que de Sri Lankais dans tout notre séjour. Ce qui a de toute façon été pas loin de la vérité, puisqu’au vu du nombre de touristes chinois en goguette au Sri Lanka, et sachant le nombre qu’ils sont à Paris, je pense qu’en ce moment il ne reste que la muraille et les pandas pour garder la baraque.

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Sur cette image : à gauche des moines bouddhistes, à droite des mariés chinois qui font leur album photo. Choc des cultures represent.

Et bien sûr, même à 40 degrés ils sont recouverts intégralement, manches longues, masque de chirurgien, lunettes de soleil extra larges et casquettes munies d’oreilles de Dingo, le tout planqué derrière un appareil photo si long qu’il n’a à peu près pas besoin de zoom pour prendre un gros plan d’un caillou à 3 mètres. Et le tout, toujours en groupes d’au moins 10 personnes bien sûr. Une autre culture, donc.

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Spécimen de touriste chinois par 40 degrés.

Cela dit en termes de nuisance sonore et spatiale (notamment inhérente à leur nombre), les touristes chinois n’ont rien à envier aux indiens dans leur milieu naturel et dont j’ai fait l’expérience en escale à Delhi. Pour te dire, j’ai bien failli être piétinée par une dizaine de mamies à l’ouverture de la porte dans la salle d’embarquement (que j’ai laissées me doubler, le souvenir de Mufasa écrabouillé par le troupeau de gnou restant vivace dans ma mémoire), puis me faire réduire la face en pulpe lorsqu’elles sont passées et repassées dans les allées de l’avion, de front avec leurs gros sacs qui m’auraient décollée une oreille si je ne les avais pas évités depuis ma place couloir. Tout ça pour finir à côté d’un petit indien particulièrement laid, et dont les oreilles étaient ornées d’une luxuriante fourrure naturelle sur tout le pourtour des pavillons. Vraiment, je suis pour l’acceptation de soi même avec nos défauts et sans complexes tout ça, mais j’avoue que l’amour de mon prochain et mes idéaux de tolérance ont fait un pas en arrière le temps de ce voyage.

Mais j’ai la vague impression que je digresse.

5. Bronzer sur de belles plages encore à moitié sauvages

Ah oui, pour ça à Arugam Bay y en a des belles plages ! Cocotiers, sable fin, eau chaude… La seule chose de sauvage, par contre, ce sont les chiens errants, omniprésents dans le pays. L’un d’entre eux nous a tellement kiffées qu’il a même fait une grosse diarrhée sur la plage, à deux pas de Kékette. A part ça, Arugam Bay est ce qu’on pourrait appeler une ville de touristes, les seuls locaux présents étant ceux qui tiennent les boutiques/restaurants/bars à touristes. Mais attention, pas n’importe quels touristes ! Principalement de surfeurs/surfeuses, puisqu’Arugam Bay est un spot de surf pour débutants et milieux de gamme (je sais pas quel est le terme, enfin vous m’avez comprise). Ceci résulte dans la présence majoritaire de gens beaux, mecs gaulés et surtout meufs ultra bonnes, au milieu desquels nous faisions figure de réclame pour le salon de l’agriculture. Mais bon, comme nous ne faisions qu’étaler notre lard au soleil et mater le chaland, au final ça ne nous a pas trop porté préjudice. Surtout pas à Zozo, qui a semblé singulièrement plaire à un des deux allemands, que nous avions retrouvés, du doux nom de Robert, et qui, comme son nom ne l’indique pas, était plutôt canon.

Résumé de ces 3 jours à la plage :

MATIN : AAaaah, aujourd’hui on se bouge la couenne, on fait du BODYBOARD.

APREM : Hm. Ouais ouais ouais. OU ALORS, je me baigne parce que j’ai chaud, ensuite je sèche, et après on voit ok ? Ouais ouais ouais.

SOIR : PARTY TIME dans un des douze mille bars d’Arugam Bay, tous donnant sur la plage.

Et le lendemain, rebelote.

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Ah ça on a bien profité des soirées : Zozo a fait du Hula Hoop via un cerceau qu’une touriste monomaniaque avait ramené en avion, Kékette s’est endormie sur son bras à 4h du mat sur un transat près d’un feu de camp géant (avant de se réveiller en panique en pensant qu’elle avait tourné manchote), et j’ai servi d’intermédiaire à un hollandais qui avait un ami qui voulait savoir s’il plaisait à Zozo (apparemment en Hollande on drague comme chez nous en 6ème). Je portais tout de même le message à Zozo, qui me répondit « Pas maintenant, c’est ma chanson préférée ! » (c’était « Nosa Nosa » de Michel Telo) (oui, mes copines ont du goût).

6. Visiter des temples inspirants et grandioses

Alors oui, on en a visité, des temples : des actuellement utilisés, des en ruine, beaucoup de lieux très beaux avec de magnifiques sculptures de Bouddha dedans.

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Notamment, nous avons visité à Kandy (ville ne contenant pas particulièrement de bonbons) le fameux Temple de la Dent (de Bouddha, c’est sous-entendu) (personne n’aurait fait un temple pour la dent de ton papi ou de François Bayrou). C’était un immense Temple, composé de plusieurs bâtiments, sur plusieurs étages, tous décorés.

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Le Temple de la Dent sous vos yeux ébahis.

Selon les guides Lonely Planet et Le Routard, compagnons de route de Zozo et Kékette, la fameuse dent était si précieuse qu’elle était gardée dans un endroit secret, et c’était donc une copie qui se trouvait à l’étage du temple qui lui était dédié. Cependant, toujours selon le Lonely, la Dent aurait été trop grosse pour être humaine, et ressemblerait singulièrement à une dent de zébu… Le reliquaire pyramidal doré qui la contenait, d’à peu près la taille d’un saladier, n’était visible que depuis l’embrasure d’une porte, devant laquelle nous fîmes près d’1h30 de queue pour passer, mélangées avec moitié des touristes, moitié des locaux tenant au creux de leurs mains des fleurs, principalement de lotus, à déposer en offrande. Sur le plan des queues, les Sri Lankais ont un peu pris à leurs voisins indiens, si bien que nous nous sommes fait joyeusement pousser dans le dos à mesure que la queue avançait.

CONCLUSION DE L’AFFAIRE : Après plus d’1h de queue, j’ai donc eu à peine 1.03 seconde pour distinguer un reliquaire contenant une fausse dent de zébu avant de me faire dégager par une version locale du pogo, pratiquée par la mamie derrière moi.

Quelle belle façon de passer le temps.

Heureusement, le reste du Temple et la ferveur des gens qui y priaient ont largement rattrapé ces considérations impies.

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Une des salles du Temple de la Dent de Bouddha.

BREF, un voyage de OUF =)

Quelques morceaux choisis :

Zozo : mais trépasser ça veut bien dire trembler ?

Kékette : ben non ça veut dire mourir.

Zozo : Ah ouais merde

Zozo : c’est dangereux en anglais de dire « beach », ça peut être mal pris.

Moi : c’est vrai. T’es vraiment une grosse plage, d’ailleurs.

Kékette (qui s’est cognée) : Putain de bordel de bite !!

Kékette : … Ce serait marrant qu’il existe vraiment un bordel de bites, non ? 

Moi : « Bonjour, j’en voudrais une bien épaisse, s’il vous plait »

Un serveur, qui revient sans notre monnaie : It’s Okay, you can go now.

Nous : ..?

Le serveur : We need it. You don’t need it.

J’éclate de rire. Excellent, le coup du serveur qui garde la monnaie d’autorité (et qu’on lui aurait effectivement laissée, cela dit).

Zozo parlant aux allemands en anglais : « So that was the… hem… Putain comment on dit… BRWEF.

Kékette, tentant d’expliquer aux allemands pourquoi on se marrait : « Bref » is like « so » in English.

Moi : in French, not in English.

Kékette : Ah ouais merde… BRWEF, quoi.

Le « Bref » dit avec l’accent anglais resta le leitmotiv de nos vacances.

Ca et le riz au curry <3

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Le fameux rocher de Sigirya.

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Un crocodile !!

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Passion Tuk Tuk !

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Zozo et Kékette au sommet des remparts de Galle.

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Un arbre rigolo qui a l’air de se prélasser au bord de l’eau <3

DDIY l’anti tuto : Ginette la moufette

J’ai des amis très spéciaux.

Par exemple, quand Zozo s’est baladée pendant toute une soirée avec un anneau en plastique autour du majeur de sa main droite avec 2 gros yeux exorbités au bout, ce qui transformait sa paluche en marionnette chaussette. Et elle a parlé à la moitié du bar en appelant sa main « Kékette ». Et Kékette a fait la bise à au moins 6 inconnus.

Dit bonjour à Kékette et Kiki !

Ou quand Couscous a versé une bouteille d’1L d’eau dans le lit de Choucroute en éructant « DORMIR RAPIDE, DORMIR LIQUIDE ! ». Et Choucroute a ri.

Ou quand Fardi m’a balancé un parapluie à la gueule en hurlant « ES TU PRETE POUR UNE INVASION DE ZOMBIES ?? VOICI TON ARME » avant de s’avancer vers moi en grognant la bave aux lèvres, dans une très belle imitations du cadavre ambulant post AVC.

Ou quand un soir j’ai trouvé M. Akov tout bourré agenouillé la tête dans le sac en papier de mes achats de l’après-midi, et que je lui ai alors posé une question selon moi légitime : « Ben qu’est ce que tu fous ?? ». Sa réponse (venant du fond du sac) : « Je voulais voir ce qu’il y avait dedans ». OK.

Bref, j’ose à peine te raconter ce que mes amis Bougie et Vrillette m’ont répondu lorsque je leur ai demandé à l’image de quel animal ils aimeraient que je fabrique un doudou pour leur futur bébé (qui est aujourd’hui un actuel bébé) (de type beau et qui sent bon). Dans un mode conventionnel, ils auraient pu opter pour le chat ou le chien. Ou s’ils avaient été un peu foufous, ils m’auraient demandé une girafe ou une tortue. Mais comme ce sont 2 gros fous furieux bons à enfermer, ils m’ont demandé… Une moufette. Une putain de moufette. Pour celui du fond qui ne sait pas ce que c’est, et bien pense à Bambi. C’est bon, c’est fait ? Bon, maintenant pense aux copains de Bambi. Ya Panpan, mais Panpan c’est un lapin donc de toute évidence pas une moufette (suit un peuuu lààà). Arrête toi plutôt sur l’autre pote de Bambi, un machin noir et blanc, qui ressemble à une fouine… Oui voilà, le putois. Tu l’as ? Ben voilà, c’est Fleur la Moufette. Enfin le Moufette vu que c’est un garçon (oui, je sais, c’est dur à croire mais c’est une vérité importante à admettre pour avancer sereinement dans la vie).

Monsieur Fleur le Moufette, pour vous servir.

Pour info, voici le point 30 millions d’amis qui puent : la différence entre la moufette et son cousin le putois.

Enfin bon, me voilà donc partie à la recherche d’un tuto de doudou moufette sur internet. Et tu sais quoi ? Y en a pas. Zéro.

Alors je ne suis pas certaine, mais à mon sens il y a certainement un rapport avec le fait que strictement personne ne veut une peluche moufette pour son gamin. Personne. Sauf Bougie et Vrillette.

J’ai donc réfléchi moult et moult, et j’ai finalement accouché d’un aménagement du patron du doudou Lapinou en lui ajoutant de la queue. Et surtout en allant au marché St Pierre faire quelques emplettes au rayon fourrure, vu que les moufettes ça a du poil long. Ah, petit détail : ils souhaitaient une moufette colorée funky.

OK, challenge accepted ! C’est parti Kiki !

Alors en premier j’ai choisi un superbe tissu rouge avec des étoiles de toutes les couleurs, qui a l’incroyable avantage d’être élastique. Le + du tissu élastique : c’est élastique (cimer l’intello jusque là on s’en sortait sans toi) ET DONC ça fait du moelleux une fois rembourré. Le – du tissu élastique : cette grosse MERDE s’enroule sur elle même sur les bords. Je te laisse imaginer le plaisir que c’est à coudre.

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Histoire de conserver au truc une tronche de moufette malgré l’avalanche de couleurs du tissu étoilé, j’ai opté pour une fausse fourrure tout simplement blanche. Le + : c’est beau et doux, ça fait chaud dans le coeur. Le – : ça fout du poil PARTOUT et c’est EPAIS de la mort, grosse grosse galère à coudre en sandwich entre 2 épaisseurs de tissu, surtout si ledit tissu a la propriété de s’enrouler sur lui même (tu vois où je veux en venir ? La galère).

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Les dégâts du faux poil.

Ensuite je suis partie sur la couture de fourrure. Et là l’horreur. J’ai failli tout balancer par la fenêtre, machine, tissu, mon postérieur, tellement c’était l’enfer. Quelques leçons sur la couture de fourrure :

1) Les poils longs c’est joli mais quand tu découpes le tissu, tu veux pas couper les poils avec. Donc qu’est ce que tu fais ? Tu les peignes vers l’intérieur avant de couper, histoire que le machin se retrouve pas avec un iroquois sur le flanc.

2) Quand tu couds SUR les poils, tu re-peignes en faisant une raie dans le poil tout le long de ta ligne de couture pour pas coudre par dessus les poils. Et c’est chiant. Et quand tu couds SOUS les poils, c’est à dire au travers du tissu qui est lui même sur l’envers du bout de fourrure, ben tu vois rien.

3) La fourrure, c’est épais, et ça rentre pas tellement sous la machine à coudre.

4) la fourrure, ça perd ses poils

5) La machine à coudre, ça aime pas trop se prendre des poils de fausse fourrure qui s’ébattent joyeusement et en toute liberté dans le mécanisme.

Bon, au final ça a donné ça :

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Le dos de Ginette

  Et pour sa tête j’ai cousu un mini bout de fourrure, mais comme le poil était trop long je lui ai offert une petite coupe en brosse <320140302_142258

Pour Ginette j’ai pas fait la même bourde qu’avec le Lapinou, j’ai cousu direct les yeux et le museau AVANT de coudre l’ensemble. Comme tu peux le voir, je fais toujours du beau travail de sagouin (mais bon après c’est caché dedans, alors osef).

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Ah oui et il a effectivement la tronche en biais, c’est un peu ma marque de fabrique (vu qu’en fait j’ai trop la flemme de le repositionner correctement) (mais ça lui donne une tronche rigolote après alors c’est pas grave) (non ?)

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Tronche en biais, confirmation.

Et quand j’ai voulu rassembler les deux en les cousant à l’envers comme d’hab, c’est là que l’épaisseur de la fourrure dont je parlait ya 3 lignes s’est soudain faite sentir.

Ça dégueulait de partout.

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La merde quoi.

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Et toujours avec des coutures de qualité, cependant :

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C’est là que j’ai finalement été contente que Ginette soit élastique, quand j’ai du retourner le machin telle la chaussette à la fin, avec l’épaisseur de la fourrure ça serait jaaaamais passé avec un tissu normal (ou pire, un tissu avec la rigidité du béton, comme la queue de Trévor le Castor).

Et là SURPRISE, quand j’ai retourné Ginette, elle était quasi en beauté !!

Du coup, aujourd’hui le mini Bougie + Vrillette écoule des nuits paisibles avec sa nouvelle copine la Moufette Funky.

YEAAAH

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Comment rencontrer l’âme soeur

J’ai beaucoup étudié la typologie des rencontres de l’amour par le biais de mon immense culture cinématographique made in NT1 / TMC / W9, et je pense qu’il n’est que justice que je te fasse profiter de ma science à mon tour.

Normalement, ça commence comme ça :

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« Pas mal ce petit orgasme multiple simultané, en même temps minimum pour une première fois »

Jenny claqua la portière de sa voiture derrière elle et s’arrêta un instant devant le spectacle qui s’offrait à elle. Au bout d’une longue allée pavée bordée de larges pelouses envahies par les mauvaises herbes, un immense manoir à 2 étages s’élevait, entouré d’immenses arbres aux innombrables ramifications.

« Waw » souffla Jenny, ébahie. Elle avança de quelques pas dans l’allée, mais fut vite rappelée à l’ordre par quelques aboiements impérieux provenant de sa voiture.

« Ça va, j’arrive ! », dit elle en revenant sur ses pas. Elle ouvrit la portière arrière, et en sortit un chien de taille moyenne au poil brun ébouriffé, qui partit aussitôt en courant dans le jardin.

« EH attend moi ! » cria Jenny en souriant, puis elle s’élança à la poursuite de son chien. Elle piétina des fougères, enjamba des racines, et contourna finalement la maison.

« Jumbo, où est-ce que tu… OH Pardon ! » En passant le coin de la maison, elle n’avais pas eu le temps de remarquer l’homme qui se tenait là, courbé vers le sol, et l’avait violemment percuté. Un peu sonnée, Jenny posa brièvement une main sur le bras de l’homme en bredouillant des excuses. Malgré sa gène, elle ne put s’empêcher de remarquer que l’inconnu était particulièrement séduisant, avec ses yeux noisettes rieurs et sa courte barbe blonde. Sous le choc, il avait failli s’étaler de tout son long dans les plates-bandes qu’il examinait, mais il avait finalement réussi à rester sur ses deux pieds.

« Je suis vraiment désolée, je ne vous avais pas vu » s’excusa Jenny en repoussant une mèche de cheveux auburn derrière son oreille. « Mais au fait, reprit-elle, qui êtes-vous ? » L’homme sourit, et de fines ridules firent pétiller ses yeux.

« Ce n’est rien, répondit-il, c’est vrai que je n’étais pas placé à un endroit très stratégique. » Il fit une pause, et lui tendit un grande main solide : « Ben Lorca, enchanté, je garde cette maison depuis le décès de la propriétaire. Et vous, vous êtes ?.. »

« Jenny Feldman, je suis la petite fille de l’ancienne propriétaire, répondit-elle en lui serrant la main, et je suis venue trier ses affaires, et nettoyer la maison pour la vendre ».

« Oh. C’est dommage, c’est une très belle propriété », dit-il en souriant, son regard planté dans celui de Jenny. Cette dernière se rendit compte qu’ils se tenaient toujours la main. Elle lui rendit son sourire.

(Suit une ellipse de 100 pages au cours desquelles ils rénovent la propriété tous les deux, puis Jenny tombe amoureuse de Ben, mais trouve ce dernier de plus en plus distant, parce qu’en réalité il avait peur de lui avouer : qu’il avait 2 enfants roux/ que c’était lui qui était allé gentiment chercher la boite de somnifères qui avaient accidentellement tués sa grand-mère / qu’en réalité il est millionnaire et avait peur qu’elle ne l’aime que pour son pognon / etc, etc, choisir une option) (puis, enfin…)

Jenny s’avança lentement, sa jolie robe bleue nuit bruissant légèrement autour de ses jambes. Elle n’en croyait pas ses yeux. Le manoir était transformé. Des guirlandes scintillaient tout autour du porche, faisant ressortir sa nouvelle façade crème, et une enfilade de bougies répandaient une chaude lueur le long de l’allée pavée ainsi que sur le pourtour de la terrasse. Émerveillée, elle s’avança lentement le long de l’allée. Elle vit alors Ben descendre les marches du porche et marcher vers elle, si beau dans sa chemise bleue et son blazer noir. Arrivé devant elle, il lui prit les mains, et plongea son regard noisette dans le sien.

« Jenny, nous avons traversé quelques épreuves, toi et moi’, et à ces mots ils rirent doucement tous les deux. « J’ai été stupide, je tenais tellement à toi et j’ai eu peur de te perdre ». Jenny lui lâcha momentanément la main pour s’essuyer un œil, rendu humide par l’émotion.

« Mais aujourd’hui j’ai compris, reprit-il, j’ai compris que nous étions faits l’un pour l’autre ». Il plongea alors sa main à l’intérieur de sa veste, et s’agenouilla. Jenny rit au milieu de ses larmes de joie.

« Jenny, je n’ai jamais été aussi heureux que depuis que je te connais, et j’aimerais passer le reste de ma vie à essayer de te faire ressentir pareil pour que tu sois une larme qui nait dans mes yeux, vit sur ma joue et meurt dans ma barbe. » Il ouvrit l’écrin qu’il tenait dans la main, dévoilant une superbe bague scintillante. « Je t’aime, veux-tu me prendre en épousailles ? »

« OH OUI, mille fois oui du cul ! » Répondit Jenny en s’agenouillant devant lui avant de lui tomber dans les bras.

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Pardon, je me suis un peu relâchée sur la fin, mais bon en même temps ça devenait chiant. Bref, c’est comme ça qu’il faut rencontrer le love normalement :

1) Coup de foudre suite à une rencontre impromptue

2) Péripéties de type « malentendu qui aurait pu se dissiper en un paragraphe si les héros avaient décidé de se parler franchement dès le début » histoire de rallonger le bouquin, un peu de cul aussi histoire de placer des expression clés du genre « elle sentit son membre se dresser contre sa jambe » ou encore « et dans un dernier effort, ils furent emportés par une ultime vague de plaisir » (car tous les bouquins d’amour précisent que le premier rapport sexuel est tellement réussi qu’ils ont forcément un orgasme simultané)

3) Fin en forme de demande en mariage ou de bisou sur fond de lever de soleil.

Maintenant penchons nous un peu sur la réalité. Ça va être drôle. Bien sûr, tout événement ressemblant de près ou de loin à quelque chose que toi ou moi aurions vécu serait purement inopinée.

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1er pas vers le love dans la vraie vie

Jenny s’accouda au bar, hilare. « Qu’est ce qu’il y a, pourquoi tu ris comme ça ? » hurla Ben, qui venait de la rejoindre, pour couvrir la musique. « C’est rien, répondit-elle, c’est Paulo qui m’a raconté une blague pourrie, j’adore »

Elle regarda vers la salle en souriant, dansant à demi sur une chanson à la mode, en regardant les autres membres de leur bande de pote évoluer dans le bar.

« Je t’offre un shot ? » lui cria Ben. Elle accepta avec plaisir, elle n’avait jamais goûté les shots d’absinthe qui étaient la spécialité de ce bar. Cela faisait maintenant 8 ou 9 mois qu’ils se connaissaient avec Ben, Paulo, et les autres, en fait depuis qu’ils s’étaient rencontrés au sein de la promotion de leur dernière année d’étude. Ben et elle n’avaient jamais pensé l’un à l’autre autrement qu’au travers de leur amitié, mais depuis quelques semaines elle sentait que quelque chose avait changé. Elle pensait souvent à lui, elle recherchait sa compagnie même lorsque les autres étaient là, et elle sentait bien qu’il y avait un fond de réciprocité.

Les verres à shot arrivèrent rapidement. Ils trinquèrent, puis burent d’une traite. « Ca va ? » s’enquit Ben d’une voix forte. « Oui oui », répondit Jenny. En réalité, elle qui maitrisait bien les effets de l’alcool se sentait prise de court par l’étourdissement instantané que lui avait occasionné le shot d’absinthe. « Je vais m’asseoir’, dit-elle en désignant une banquette du doigt. Elle s’y assit, mais elle se sentait de plus en plus sonnée. Elle sentit bientôt une main sur son épaule. Ben s’était assis à côté d’elle, inquiet de la voir mal : « Ça va ? Tu veux sortir un moment ? », et sans attendre sa réponse, il lui passa un bras autour de ses épaules et l’emmena à l’extérieur du bar, un peu à l’écart des habituelles cohortes de fumeurs ou de gens trop bourrés en quête d’air frais. Souffrant toujours de vertiges, Jenny appuya son front sur l’épaule de Ben, qui en profita pour l’enlacer.

C’est là, tout bourrés devant ce bar, qu’ils s’embrassèrent pour la première fois.

(Et là ellipse de X années, ils sortent, apprennent à se connaitre, tombent amoureux, couchent ensemble pour la première fois, puis enchainent sur une deuxième fois pour rattraper la première, ils se disputent parfois, elle grossit un peu parce qu’il bouffe que des pâtes, mais finalement elle reperd, ils organisent leurs premières vacances ensemble, puis plein d’autres, ils rient, ils vont au ciné, ils emménagent ensemble, ils apprennent à gérer la routine, les lessives, le sexe de mieux en mieux mais environ jamais d’orgasmes simultanés, ils s’aiment, ils sont heureux, et parfois ils allument des bougies pour faire joli)

THE END

 

Le jour où Yves-Karim a décidé de quitter l’Autoroute de la Vie

Ma mère croit beaucoup au Destin.

Selon les gens, il y a plusieurs façons d’envisager le Destin :

1) Quelque part sur une vieille plateforme de vapeur d’eau en suspension dans le firmament, un vieux bonhomme sec comme un P’tit LU est assis tout seul tel le CD 2 titres d’Ozone en fin de vide-grenier, un énorme grimoire posé sur ses jambes croisées en tailleur.

Le Destin en marche.

Mordillant sa plume d’oie qu’il arracha au passage à un pauvre volatile un jour où il volait bas et les oies haut, il prend un air songeur, les yeux plissés dans une très belle imitation des meilleurs moments de Clint Eastwood. Soudain, son visage s’anime et il s’écrie :

« AH NON pas question que Johnny-Kevin ait son bac cette année, après avoir séché tous les cours de philo ! Par contre, Robin-Steve pas de soucis, j’aime bien ta gueule. On va dire que tu vas avoir ta copie échangée par erreur avec celle de Yves-Karim, et comme ça BIM Bac. Après Yves-Karim aura jamais son bac, et il tombera amoureux, mais elle voulait juste rendre sa rivale jalouse avant de le téj comme un caca, du coup il se mettra à la sculpture pour évacuer son mal être, mais il sculptera que du caca, du coup… »

Abdoul Yves Akim flyyyy.

Le vieux bonhomme griffonne en tout petit sur son grimoire, pendant encore des heures et des heures. Le pauvre Yves-Karim ne pourra rien faire, sa vie est irrémédiablement vouée à imiter la bouse de vache s’écrasant gracieusement dans l’herbe folle. Car le vieux du Destin s’en fout, il écrit, ça se réalise, et tu n’es rien d’autre que la marionnette actionnée par ses coups de plume.

2) Yves-Karim ne comprend pas, il lui avait pourtant bien semblé avoir réussi son épreuve de bac. Il enfoui son visage dans ses mains. Il a presque envie de pleurer, mais il est encore dans la cour de son lycée au milieu de ses camarades, sur le premier muret qui a croisé son chemin après avoir vu les résultats de l’examen sur le panneau prévu à cet effet.

« Eh, ça va pas ? »

Yves-Karim lève les yeux, et oublie momentanément de respirer. Julie-Corinne le regarde avec ses grands yeux noisette, un sourire compatissant sur ses lèvres naturellement couleur framboise. Elle s’assied à côté de lui, il n’en croit pas sa chance.

Yves-Karim, subjugué par Julie-Corinne.

Elle disserte sur tout et rien, secoue ses cheveux, fronce parfois le nez, et lui l’écoute, hypnotisé. Au bout d’un moment, il se rend compte qu’elle lance souvent des coups d’œils méchants derrière eux. Il la surveille plus attentivement, et la voit réitérer son geste encore et encore. Pris de curiosité, il tourne la tête. Quelques mètres plus loin, il rencontre le regard de Louise-Annie, assise sur une pelouse, un livre ouvert devant elle mais les yeux rivés sur eux. Son visage a l’air triste, et même… Déçu. Elle lui fait signe de venir la rejoindre. C’est sa meilleure amie, il l’aime beaucoup, mais il hésite. Elle ne lui aurait jamais cassé son coup sans une bonne raison, surtout un jour où il avait raté son examen et méritait bien un peu de réconfort. Et puis Julie-Corinne était la plus jolie fille de la classe. D’ailleurs elle continuait à s’écouter parler, riant gracieusement à ses propres bons mots et papillonnant des yeux. Soudain, elle se rend compte qu’Yves-Karim est distrait. Son joli visage se ferme et elle se lèvre du muret :

« Tu préfères cette petite moche, c’est ça ? » 

En voyant l’expression choquée d’Yves-Karim, elle se reprend et son visage redevient enjôleur :

« Allez, viens on va se promener tous les deux »

A ce moment précis, Yves-Karim sait que Julie-Corinne n’agit que par orgueil pour prouver sa supériorité à Louise-Annie. Mais elle est si jolie. En plus elle vient clairement de s’écouter parler pendant la dernière demie heure, ce qui est une manie plutôt pénible et montre bien qu’elle s’intéresse peu à sa personne à lui. Mais quand même, elle est canon. Il jette un coup d’œil dans la direction de Louise-Annie. Elle s’est levée et semble figée dans son mouvement, une expression d’attente anxieuse sur son visage mate. Il ne veut pas la décevoir. Il se retourne vers Julie-Corinne. Elle est si belle, avec ses boucles blondes voletant dans la brise. Il ouvre la bouche pour lui dire qu’il veut bien se promener, juste un petit moment, quand soudain Robin-Steve surgit, ses lunettes de travers et sa bouche fendue d’un grand sourire dévoilant son appareil dentaire :

« OOOOOooooooh laisse tomber comment j’ai eu mon bac vas-y le coup de chatte !! »

Il avise alors Julie-Corinne et comme porté par des ailes, se jette à l’eau :

« Eh, ça te dirait un petit ciné avec un mec diplômé ? »

Elle reste un moment la bouche entrouverte, puis sa bouche se plisse dans une moue de dégoût :

« Certainement pas, le jour où j’aurais décidé de sortir avec un moche, je te tiendrai au courant »

Puis elle reporta son attention sur Yves-Karim, mais il avait disparu ! Elle fini par le repérer  en train de marcher en direction de Louise-Annie.

« PAUVRE CON »

Jeta-t-elle, dépitée. Yves-Karim ne se retourna pas, de peur de regretter son choix. Il savait pourtant qu’il avait fait le bon, que cette fille l’aurait empoisonné, mais imagine s’il avait pu coucher avec… La gloire ! Non, non, il avait le cœur trop tendre, pas question de prendre le risque de tomber amoureux d’une fille aussi égocentrique. Elle aurait pu le pousser au désespoir, lui faire renoncer à son avenir, peut-être même devenir sculpteur de cacas, mais il n’en sera pas ainsi. Il avait fait un autre choix.

Arrivé devant Louise-Annie, il lui sourit tristement, encore fragile dans sa volonté de faire le meilleur choix. Mais devant la lueur de fierté qu’il lu dans son regard, toutes ses incertitudes fondirent.

« Bon, viens on va rejoindre les gens au parc, histoire de se changer les idées »

Il sourit.

3) Ma mère pense que souvent, le vieux bonhomme jette des choix sur ta vie pour te permettre de choisir un chemin. Cela dit, le plus souvent ces choix prennent la forme d’idées ou de remarques de ton entourage, qui, si tu les prenais au mot, te feraient quitter l’autoroute bien tracée de ta vie.

La vie est limitée à 180

Parce que le choix ça n’est pas que « gauche ou droite », c’est beaucoup plus souvent « la sécurité ou l’aventure ». Ça n’est pas « boulot 1 ou boulot 2 », mais plutôt « rester au boulot 1 où tu as une bonne cantine et un rythme pépère comme à la retraite, ou partir pour le boulot 2 où tu sais pas à quelle sauce tu vas être mangé et peut-être que t’auras plus tes soirées de libre comme avec le boulot 1, mais bordayl ça a l’air passionnant »

Parce que putain, (attention métaphore filée admire) j’ai pas envie de me retrouver au bout de l’autoroute de la vie sans avoir tenté la départementale.

Eh oui, c’est mon blog, je fais les métaphores de mayrde que je veux. Tu m’as comprise de toute façon.

Elle s’appelle Valérie, et personne ne s’arrête quand elle demande de l’aide.

« Madameuh s’il vous plait est-ce que vous pourriez… »

Je passe sans m’arrêter, en tournant machinalement la tête vers la petite femme qui m’a interpellée. Petite, grosse, propre mais habillée de vêtements bons marché et usés, elle s’appuie lourdement sur une béquille à chaque pas. Derrière ses lunettes épaisses, ses petits yeux au regard vide clignent souvent, et sur son torse épais plusieurs sacs très abimés et de différentes tailles pendent à différentes hauteurs.

Je m’arrête. Elle a une béquille, peut-être a-t-elle besoin de soins. Voyant que je suis prête à l’écouter, elle reprend :

« Pourriez-vous s’il vous plait madameuh me donner juste deux euros s’il vous plait ? »

Ah, mince, c’est de l’argent qu’elle veut. D’habitude, je garde toujours ma monnaie pour la donner, mais aujourd’hui je n’ai plus rien dans mon porte monnaie. Je le lui dit avec un air désolé, je ne veux pas qu’elle pense que je mens pour me débarrasser d’elle. Elle a l’air déçue, c’est sûr que ça doit faire des heures qu’elle interpelle tous les passants dans l’espoir que l’un d’eux s’arrête. Mais personne ne s’arrête. Alors en voyant que la seule personne qui s’est arrêtée depuis longtemps n’a pas de monnaie, elle tente le tout pour le tout :

« Mais vous n’avez pas de quoi retirer ? J’ai besoin de 20 euros pour payer la nuit à l’hôtel le Formule 1, mais je demande que 2 euros quand même, et j’ai la monnaie vous savez »

On est dimanche, je n’ai rien de prévu pour la journée, je l’observe. Elle se meut difficilement, elle s’est lavée récemment, elle vit effectivement probablement dans un hôtel bon marché. J’ai la chance d’avoir un métier très bien payé, je ne manque de rien, je claque si souvent 60 euros dans une robe que je ne mettrai quasiment jamais, ou dans un rouge à lèvres dont je n’avais pas besoin. Pourquoi cet argent n’irait-il pas à quelqu’un dans le besoin pour une fois, finalement ?

Je lui souris et lui dis que je veux bien retirer. Son visage s’illumine :

« Oh merci madameuh, venez alors, il y a un distributeur par là »

Nous nous mettons en route, lentement parce que ses courtes jambes la portent difficilement.

« Comment tu t’appelles ? »

Je comprends qu’en acceptant de l’aider, je suis passée d’inconnue à connaissance amicale, d’où le tutoiement soudain. Je lui réponds, et lui retourne la question.

« Je m’appelle Valérie »

Elle fait une pause, puis reprend :

« Tu fais quoi dans la vie ? »

Je lui explique mon travail brièvement, et lui retourne la question, curieuse de savoir ce qu’elle faisait avant, et comment la vie peut vous amener à une telle situation de détresse. Elle s’assombrit.

« Avant j’étais vendeuse, mais maintenant avec ma jambe je peux plus rester debout pour travailler, et puis j’ai perdu ma pension d’invalidité alors c’est dur »

Je lui demande si elle n’a pas de famille pour l’aider.

« Mes parents sont morts, et je suis enfant unique. »

Je lui demande si elle n’aurait pas des amis pour la soutenir.

« Non. »

Elle change de sujet :

« Tu as un animal de compagnie ? »

Je lui réponds que non, mais que quand j’étais petite j’avais un petit Yorkshire que j’adorais. Son visage s’éclaire, elle sourit :

« Moi j’avais un chat, un beauuu chat siamois avec les yeux bleus tu sais. C’est beau un chat siamois. Elle s’appelait Rezel. »

J’acquiesce, les chats siamois je trouve ça un peu trop efflanqué à mon goût, mais il n’est bien sûr pas question de ternir un des rares souvenirs qui semblent lui réchauffer le cœur. Tout en discutant, nous traversons une gare, puis une rue, et nous dirigeons vers un centre commercial vide. Pendant un instant je ressent une sourde appréhension, après tout je suis en train de suivre une inconnue dans un lieu désert. Qui sait si ds complices à elle ne m’attendent pas pour me racketter ? Elle continue son chemin en clopinant, et se concentre en s’agrippant à la rambarde pour grimper quelques marches d’escalier.

« Je fais la collection de petits flacons de parfums-en-petit-comme-les-gros, tu en as ? »

Malheureusement je n’en ais pas, ni même chez moi. Cette question saugrenue fait s’envoler mes craintes. Non, elle n’est rien de plus que ce qu’elle parait être.

« Je collectionne aussi les pin’s, tu en as ? »

Toujours pas, j’en avais une quand j’avais genre 8 ans, mais depuis je ne sais pas ce qu’elle est devenue. Nos arrivons au distributeur. J’insère ma carte, le distributeur me demande le code, puis la somme voulue. Mon doigt se dirige vers la plus petite somme, 20 euros.

« Je collectionne aussi les fèves, tu as des fèves ? Et aussi les cartes téléphoniques mais ça c’est dur d’en trouver maintenant avec les téléphones portables. »

Distraite de ma tâche, je lui demande où elle entrepose toutes ces collections.

« Dans ma chambre au Formule 1. »

Je commence à m’imaginer la vie qui est la sienne. Faisant la manche toute la journée pour payer sa chambre d’hôtel, dans laquelle des tas de fèves, pin’s, cartes téléphoniques et flacons-de-parfum-en-petit-comme-les-gros (« pas les tubes, hein, c’est des petits flacons-de-parfum-en-petit-comme-les-gros ») s’amoncellent. Elle en parle avec tellement de ferveur, comme s’ils étaient un peu sa famille. Ça me rend tellement triste.

Mon doigt se déplace, j’appuie sur le bouton en face de la mention « 40 euros » sur l’écran. Les billets sortent. Je saisis l’argent et le lui tend en souriant, en lui disant que comme ça elle en aurait pour 2 nuits. Elle prend les billets et me regarde, bouche bée.

« OH, merci ! »

Elle plie rapidement les billets et les glisse dans un de ses sacs, de peur peut-être que je ne change d’avis. Elle lève les yeux vers moi, je vois derrière ses lunettes qu’elle est très émue. Elle me serre alors le bras, m’attire à elle et me plante une enfilade de petite bises sonores sur la joue. Je n’ose pas ma dégager, même si je ne suis pas très à l’aise. Elle relâche son étreinte.

« Tu es très gentille ! »

Elle me reprend dans ses bras et m’embrasse à nouveau.

« Je te reverrai ? »

Je lui dis que peut-être, sait on jamais.

« Et tu me redonneras des billets ? »

Je me mets à stresser un peu, une bonne action c’est super, mais je ne peux pas lui donner 40 euros tous les quatre matins. Je lui dis que je ne lui donnerai pas des billets à chaque fois, mais peut-être de temps en temps.

« Et où est ce que tu pourrais me trouver, euuh, bon si jamais tu as des pin’s ou des petits flacons-de-parfum-en-petit-comme-les-gros, tu les donnes au Yves Rocher dans la Galerie Diderot, tu dis que c’est pour Valérie, ils me connaissent. »

Je promets en souriant que je lui apporterai tout ça si j’en trouve. Je lui dis de prendre soin d’elle, et lui dis au revoir. Puis je suis rentrée chez moi, et j’ai pleuré de tout ce malheur que je n’avais que temporairement soulagé.

Elle s’appelle Valérie, elle avait un chat, et quand elle demande de l’aide, personne ne s’arrête. Mais je tiendrai ma promesse, je lui apporterai toutes les fèves, tous les pin’s, toutes les cartes téléphoniques, et tous les  petits flacons-de-parfum-en-petit-comme-les-gros que je trouverai.